Vitrine officielle Muse Gadgets présentant des cartes mères ESP32, un boîtier Raspberry Pi et des prototypes d'écrans

Objets connectés : Meta publie le code de Muse mais cadenasse l’API

Fabriquer ses propres objets connectés animés par l’IA avec une puce ESP32 ou un Raspberry Pi ? Meta publie en open source le code de Muse Gadgets ! Mais attention au piège : l’agent reste verrouillé dans le cloud, révocable à tout moment et (pour l’instant encore) inaccessible dans l’UE.

L’idée : transformer une simple carte électronique à quelques euros ou un nano-ordinateur en boîtier domotique piloté par la voix et l’image. Et cela tombe bien, c’est la dernière idée lancée par division Meta Superintelligence Labs, sous la houlette de Nat Friedman, quelques heures avant le week-end.

Accessible directement sur le dépôt GitHub du projet sous licence libre Apache 2.0 et documenté sur le portail officiel des Gadgets Muse, le groupe américain met à disposition des bricoleurs un microprogramme pour microcontrôleurs ESP32 ainsi qu’un kit de développement logiciel pour Linux. Cette initiative promet d’arracher l’agent autonome aux interfaces confinées des smartphones pour l’incarner dans des écrans à encre électronique, des clés HDMI ou des installations domotiques personnalisées.

💡 C’est quoi Muse selon Meta ?

Dévoilé dans l’annonce de lancement de Muse et accessible sur la plateforme muse.ai, Muse est un agent d’intelligence artificielle personnel conçu pour exécuter des tâches en déléguant ses actions à un navigateur virtuel sécurisé dans le cloud. Contrairement à un simple agent conversationnel textuel, le système peut réserver des billets, interagir avec des formulaires administratifs ou piloter des appareils domestiques. Attention toutefois pour les utilisateurs européens : le service reste actuellement strictement réservé aux États-Unis et au Canada, les garde-fous réglementaires européens sur la protection des données retardant pour l’heure son déploiement sur le Vieux Continent.

Du bricolage électronique au déploiement domotique

Le kit logiciel met l’accent sur la modularité matérielle. Le volet microcontrôleur prend en charge la gestion d’afficheurs graphiques, de flux audio bidirectionnels et de capteurs environnementaux sur des cartes du commerce. La brique Linux permet quant à elle de convertir un nano-ordinateur de type Raspberry Pi en passerelle intelligente interfacée avec l’écosystème domotique libre Home Assistant.

En parallèle des bibliothèques de code, Meta a dévoilé l’adaptateur Muse Home Link, un boîtier d’interconnexion Wi-Fi alimenté en USB-C et propulsé par la puce ESP32-C5 d’Espressif.

Fabriqué à 5 000 exemplaires offerts aux abonnés actifs résidant outre-Atlantique, ce pont réseau s’appuie sur des compétences logicielles communautaires pour contrôler des téléviseurs Samsung, des diffuseurs Apple TV, des enceintes Sonos ou des ampoules Philips Hue.

Code ouvert, serveur fermé

Derrière la générosité apparente de la licence Apache 2.0 se dissimule une dépendance technique étroite. Si le code embarqué sur le microcontrôleur est public et librement modifiable, il demeure une coquille vide sans la liaison chiffrée vers les serveurs distants de Meta. Chaque boîtier doit impérativement s’authentifier au moyen d’un jeton d’accès propriétaire (token), plafonné à 50 appareils par utilisateur et soumis à des conditions contractuelles draconiennes interdisant toute commercialisation de matériel pré-configuré.

L’entreprise prévient explicitement que le SDK ne constitue pas un produit pérenne maintenu contractuellement, se réservant le droit de suspendre ou de modifier les interfaces d’appel à son entière discrétion.  Vous voilà prévenu(e)s.

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