Jarred Sumner et l'équipe de Bun rejoignent Anthropic pour accélérer l'infrastructure de Claude Code. (Crédits : Bun / Anthropic)

Anthropic met la main sur Bun : le runtime JavaScript reste open source alors que Claude Code explose

C’est la première acquisition majeure pour Anthropic, et elle envoie un signal fort aux développeurs. L’entreprise derrière l’IA Claude a annoncé mardi l’acquisition de Bun, l’environnement d’exécution JavaScript (runtime) célèbre pour sa vitesse et son approche « tout-en-un ». Cette opération intervient à un moment charnière : l’agent de codage maison, Claude Code, vient d’atteindre le milliard de dollars de revenus annualisés, seulement six mois après son lancement public.

Pour les équipes techniques qui utilisent Bun pour remplacer Node.js, la question immédiate concerne la pérennité du projet. Anthropic s’est voulu rassurant, dans son annonce officielle : le runtime (Ndlr : moteur d’exécution) restera open source et continuera d’être distribué sous licence MIT.

Une alliance technique pour la vitesse

Fondé en 2021 par Jarred Sumner, Bun s’est rapidement imposé comme le chouchou des développeurs cherchant la performance. Avec plus de 7 millions de téléchargements et 82 000 étoiles sur GitHub, il remplace à lui seul le runtime, le gestionnaire de paquets (npm/yarn), le bundler (webpack/vite) et l’outil de test.

Mike Krieger, directeur produit chez Anthropic (et co-fondateur d’Instagram), justifie ce rachat par « l’excellence technique » de l’équipe Bun, qui a « repensé l’ensemble de la chaîne d’outils JavaScript à partir des premiers principes ». En coulisses, les deux entreprises collaboraient déjà : Bun jouait un rôle clé dans la mise à l’échelle de l’infrastructure de Claude Code et dans son programme d’installation natif. L’objectif est désormais d’intégrer cette obsession de la rapidité et de la stabilité au cœur même de l’agent de codage utilisé par de grandes entreprises comme Netflix ou Spotify.

L’open source préservé

C’était la crainte numéro un de la communauté : voir Bun disparaître dans une tour d’ivoire propriétaire. L’annonce officielle confirme le contraire. Bun continuera d’opérer comme un projet indépendant au sein d’Anthropic.

D’un point de vue légal et technique, le cœur de Bun reste sous licence MIT, garantissant une liberté totale d’utilisation commerciale et de modification. Il est important de noter pour les puristes que Bun lie statiquement JavaScriptCore (le moteur JS de WebKit), qui reste sous licence LGPL-2, une nuance que les DSI connaissent bien mais qui n’entrave pas l’usage courant du runtime.

« Bun représente exactement le type d’excellence technique que nous voulons apporter à Anthropic », a déclaré Mike Krieger, directeur des produits d’Anthropic

Claude Code : la poule aux œufs d’or

Ce rachat n’est pas un hasard. Il soutient la croissance fulgurante de Claude Code. Passé d’une simple expérimentation interne à un produit générant un milliard d’euros de revenus récurrents, l’outil est devenu vital pour Anthropic. Avec une valorisation qui atteint désormais les 350 milliards de dollars (soit 300 milliards d’euros, soutenue par les investissements massifs de Microsoft et Nvidia), Anthropic a les moyens de ses ambitions : sécuriser les briques fondamentales de l’infrastructure de développement pour ne pas dépendre uniquement des modèles, mais maîtriser toute la chaîne de valeur du code, de la génération à l’exécution.

Retour en haut