C’est un appel à la raison numérique et écologique. La semaine ernière, à l’initiative de l’association HOP (Halte à l’obsolescence programmée), 20 organisations majeures — dont l’April, Emmaüs Connect et Zero Waste France — ont uni leurs voix dans une tribune publiée par le média Bon Pote. Le message est simple : n’attendez pas la mort programmée de votre PC, passez au logiciel libre.
Ce cri d’alarme intervient dans un contexte de sursis précaire. Suite à une mobilisation citoyenne massive (« Non à la Taxe Windows »), Microsoft a concédé un an de mises à jour de sécurité gratuites supplémentaires pour Windows 10 en Europe. Mais l’échéance d’octobre 2026 reste fatale pour près de 400 millions d’ordinateurs parfaitement fonctionnels, mais jugés incompatibles avec Windows 11 (puce TPM 2.0 obligatoire).
« Il vous reste moins d’un an pour sauter le pas »
Pour Magali Garnero, présidente de l’April, ce délai doit être mis à profit pour organiser la migration, et non pour attendre l’inévitable :
« Il vous reste désormais un peu moins d’un an pour sauter le pas et installer sur votre ordinateur un système d’exploitation libre […] N’hésitez pas, si vous avez besoin d’aide, à aller à la rencontre des communautés libristes. Préserver la planète est aussi un enjeu partagé. »
L’appel souligne que la transition est déjà en marche. En France, la part de marché de GNU/Linux aurait doublé entre juillet et août 2025, atteignant près de 11,5 % des systèmes installés. Des initiatives comme la carte collaborative Aide GNU/Linux permettent désormais de trouver facilement de l’aide près de chez soi pour installer une distribution grand public (comme Linux Mint ou Ubuntu).
Pour les signataires, l’enjeu dépasse la technique : c’est une question de souveraineté pour les administrations (à l’image de la Gendarmerie nationale, déjà sous Linux) et de pouvoir d’achat pour les citoyens, qui ne devraient pas avoir à jeter un matériel qui fonctionne.
