L’initiative EuroStack, soutenue par plus de 200 acteurs européens du numérique, a publié cette semaine un livre blanc stratégique intitulé Deploying the EuroStack: What Needs to Happen Now. Ce document constitue une feuille de route concrète pour bâtir une alternative européenne crédible face à la domination des fournisseurs numériques non européens.
Dévoilé le 10 mai, ce livre blanc est la suite directe de la lettre ouverte publiée en mars dernier, dont nous vous parlions dans cet article, dans laquelle des dirigeants de PME, d’ETI et de grands groupes (Airbus, OVHcloud, Talan, etc.) appelaient à agir pour enrayer la dépendance technologique croissante de l’Europe. Une dépendance désormais chiffrée : 264 milliards d’euros partiraient chaque année vers les États-Unis au titre du cloud et des logiciels, selon une étude Cigref/Asterès.
Trois priorités pour un écosystème numérique européen résilient
Le livre blanc, annoncé il y a quelques jours, repose sur trois piliers qui structurent une stratégie d’action réaliste :
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Acheter européen : EuroStack appelle à instaurer des règles strictes de commande publique favorisant les fournisseurs numériques européens. Cela passe par la définition claire de ce qu’est un acteur européen (siège, R&D, contrôle, valeur ajoutée), des quotas d’achats, et des incitations pour le secteur privé. L’open source et les standards ouverts doivent en être des éléments centraux.
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Vendre européen : le collectif recommande la création d’un hub d’intelligence de marché numérique, pour cartographier les solutions existantes, favoriser leur interopérabilité, améliorer leur visibilité et stimuler la collaboration. L’objectif est de créer une dynamique industrielle concrète à l’échelle du continent.
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Financer européen : enfin, EuroStack propose de mobiliser des capitaux privés et institutionnels existants (par exemple via les fonds de pension) tout en explorant la création d’un Fonds EuroStack pour combler certaines lacunes stratégiques, soutenir les scale-up et encourager les migrations vers des solutions européennes. Ce fonds pourrait être alimenté par une réaffectation des budgets européens ou des amendes DMA/DSA.
Une réponse directe au « souveraineté washing »
Le ton du livre blanc est clair : il ne s’agit pas de dresser des murs, mais de corriger des défaillances structurelles du marché qui freinent les acteurs européens face à des hyperscalers bien implantés. L’initiative critique notamment les promesses non tenues de souveraineté technologique émanant d’acteurs non européens, évoquant un risque de « souveraineté washing ».
Alors que le contexte géopolitique se tend et que la Commission européenne vient de lancer l’initiative InvestAI pour financer massivement l’IA, EuroStack propose un socle stratégique pour agir, en misant sur l’open source, l’interopérabilité et la capacité d’investissement ciblée.
📘 Télécharger le livre blanc (en anglais) : Deploying the EuroStack: What Needs to Happen Now


