Exclusif : Michel-Marie MAUDET s’exprime sur l’IA LUCIE (Vidéo)

Michel-Marie Maudet, l’un des principaux instigateurs de LUCIE – ce projet d’IA open source dont l’accès public a été suspendu samedi dernier (voir notre article) – a tenu à clarifier la démarche derrière LUCIE et son véritable enjeu : défendre la souveraineté numérique de la France et de l’Europe. 

Dans cette vidéo, il rappelle que LUCIE demeure, à ce stade, un projet de recherche financé par France 2030 et qu’il ne s’agit en aucun cas d’un produit final destiné à un déploiement immédiat, notamment dans les écoles. L’occasion également d’insister sur l’enjeu plus large de la souveraineté numérique.

LUCIE, un modèle en pré-entraînement, pas un produit fini

Comme l’explique Michel-Marie Maudet, LUCIE sert de fondation dans un programme visant à développer des “communs numériques” autour de l’IA générative. La version mise en ligne il y a quelques jours n’était qu’une étape intermédiaire du “pré-entraînement” : elle n’a donc pas vocation à être testée en conditions de production ou intégrée dans les établissements scolaires. La publication anticipée sur lucie.chat avait deux buts : respecter la philosophie open source de LINAGORA en recueillant rapidement des retours d’utilisateurs et consolider le jeu de données d’instruction pour améliorer les performances du modèle. Dans le même esprit, les données collectées seront réattribuées à la communauté IA open source, afin de nourrir des initiatives similaires.

Derrière LUCIE, la question de la souveraineté numérique

Au-delà du débat suscité par l’arrêt temporaire de la plateforme, c’est tout un choix de société qui se profile : “Souhaite-t-on continuer de dépendre de l’IA façon Big Tech US, ou construire une troisième voie en France et en Europe ?” se demande Michel-Marie Maudet. Selon lui, les grandes entreprises américaines ont tiré parti d’une immense collecte de données personnelles pour peaufiner leurs modèles. LUCIE, elle, veut incarner un modèle libre, respectueux des données et non soumis à la monétisation massive des utilisateurs. C’est ce projet de souveraineté numérique qu’il juge essentiel, en lien avec la démarche open source « poursuivie par LINAGORA depuis près de vingt-cinq ans » (Ndlr : dont M. Maudet est l’actuel DG et cofondateur).

Comme l’écrivait Le Parisien ce 28 janvier 2025, « Intelligence artificielle : Lucie, chatbot « made in France », mérite-t-elle d’être autant moquée ?« . Et de citer Quentin Adam, PDG de Clever Cloud, sur son fil X : « La passion des Français pour détruire systématiquement les technologies et initiatives françaises me sidère. La bienveillance et le feedback constructif sont très rares… Il faut un peu s’aider et les gens découvrent que faire un modèle, ce n’est pas si simple. »

Un élan porté par la communauté

Malgré l’arrêt brutal du week-end dernier, dont nous vous parlions dans cet article, les réactions positives affluent, soutenant l’équipe derrière LUCIE. Michel-Marie Maudet salue ces marques de confiance et insiste : « Elles renforcent la détermination du collectif à poursuivre la recherche et à affiner le modèle ». L’objectif reste clair : proposer une IA durable, ouverte et collaborative, au service d’un avenir numérique européen plus indépendant, moins dépendant des GAFAM et plus respectueux des utilisateurs. Une IA entièrement open source.

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