Écran plat affichant les objectifs d'un projet tuteuré de la licence CoLibre à Lyon, daté du 3 avril 2012. À droite, un poster avec des illustrations graphiques.

Fin de la licence CoLibre : l’université sacrifie-t-elle l’émancipation numérique ?

L’association April vient d’exprimer son profond regret suite à l’annonce de la non-reconduction de la licence professionnelle CoLibre. Une décision motivée par des contraintes budgétaires qui interroge sur la stratégie de formation numérique au sein de l’université française.

Depuis 2008, la licence CoLibre formait des professionnels de la communication et de la conduite de projet en s’appuyant exclusivement sur des solutions logicielles éthiques, libres et ouvertes. Le conseil d’administration de l’Institut de la Communication (ICOM) de l’Université Lyon 2 a pourtant entériné la fin de ce parcours, suivant les directives de la présidence visant à réduire le volume d’enseignements dans un cadre budgétaire restreint.

L’équipe pédagogique a précisé, dans un communiqué, qu’une ultime rentrée aura lieu pour la promotion 2026-2027, marquant la fin d’une aventure de près de vingt ans. Pour l’April, ce choix est d’autant plus désolant qu’il touche l’une des rares formations universitaires à placer la souveraineté numérique et l’éthique au cœur de ses pratiques.

Le paradoxe français : moins de formations pour plus de besoins

Cette suppression intervient dans un contexte où les chiffres de l’Open Source en France sont pourtant au vert. Selon une étude « Open Source Monitor France » du CNLL (Ndlr : datant de 2023), 80 % des entreprises et 90 % des organisations publiques utilisent déjà des logiciels libres.

L’incohérence est flagrante : le logiciel libre y était identifié comme un pilier de la souveraineté numérique de la France et de l’Europe, mais aussi comme ayant un rôle de facilitateur majeur pour la sobriété numérique. Enfin, le apport du CNLL soulignait que le principal frein à l’adoption de l’open source reste le manque criant de spécialistes et le besoin massif de formation.

En arrêtant un modèle de réussite comme CoLibre, l’université agit à rebours des besoins du marché de l’emploi et des enjeux d’indépendance technologique, estime l’APRIL.

« Comment s’émanciper numériquement si on ne connaît pas les alternatives, si on ne sait pas s’en servir ! Au contraire, il nous faut développer de tels parcours, plus largement, apprendre aux personnes à contribuer, soutenir les logiciels libres. » — Communiqué de l’April.

L’April a réaffirmé son soutien total à l’équipe pédagogique de la licence CoLibre, espérant qu’une solution alternative ou une révision de cette décision budgétaire puisse encore être envisagée pour sauver ce bastion de la culture libre à l’université.

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