Soyons honnêtes : essayer de déchiffrer une facture cloud détaillée, c’est un peu comme essayer de lire la Matrice sans être l’Élu. Entre les lignes incompréhensibles des fournisseurs Cloud, les colonnes mystérieuses d’Azure et les hiéroglyphes de Google Cloud, les équipes IT finissent souvent en larmes devant un fichier Excel de 40 000 lignes. Bonne nouvelle : le messie de la facturation est arrivé, il s’appelle FOCUS 1.3, il est open source et il promet de mettre tout le monde d’accord.
La FinOps Foundation (une branche de la très sérieuse Fondation Linux) vient de lancer cette nouvelle version de son standard. L’objectif ? Arrêter de comparer des choux et des carottes et parler enfin un langage universel pour l’argent du cloud.
Le cauchemar des coûts partagés (Kubernetes, on te voit)
C’était le gros point noir des versions précédentes. Comment facturer ce conteneur Kubernetes qui tourne sur un serveur partagé par trois équipes différentes ? Jusqu’à présent, c’était la guerre des services pour savoir qui allait payer la note.
Avec FOCUS 1.3, c’est terminé. Le standard introduit une méthode pour diviser les coûts partagés.
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Les « data generators » (les fournisseurs) peuvent désormais exposer clairement comment ils divisent la note.
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On ne voit plus juste le montant final, mais la méthodologie.
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Résultat : les équipes DevOps et FinOps arrêtent de se battre.
Fini les surprises sur les contrats
L’autre angoisse du DSI, c’est l’engagement contractuel. « Attends, il nous restait combien de crédits sur notre engagement annuel ? On a tout dépensé ? »
Avant, lier votre consommation réelle à votre contrat signé était un casse-tête. FOCUS 1.3 ajoute un jeu de données dédié aux contrats. En une seule requête, vous pouvez voir vos dates de début, de fin, et ce qu’il vous reste dans le portefeuille. C’est littéralement une barre de vie pour votre budget.
Dernier clou dans le cercueil de l’incertitude : la fraîcheur des données. Rien de pire que de prendre une décision basée sur des chiffres vieux de 48h qui vont être révisés. Désormais, les fournisseurs doivent horodater les données et signaler si elles sont complètes ou sujettes à révision. C’est la fin du « On verra à la clôture du mois ».
Tout le monde s’y met (même AWS)
Ce n’est pas juste un énième standard théorique. La liste des supporters est impressionnante : Google, Microsoft, Databricks, Oracle, et même le champion français OVHcloud. Cerise sur le gâteau : AWS vient d’annoncer que le support de la version précédente (FOCUS 1.2) est désormais disponible pour tout le monde (GA). Si vous en avez marre de passer vos nuits à normaliser des fichiers CSV, allez jeter un œil à l’annonce officielle sur le blog. C’est peut-être le début de votre libération, qui sait ?

