L’association Framasoft en campagne de récolte de fonds dès ce 18 novembre : tout ce qu’il faut savoir

Framadate entièrement réécrit, nouvelle plateforme de pétitions, boîte à outils numérique, Framaspace musclé, PeerTube v8 et une appli mobile qui devient vraiment utilisable pour les vidéastes : pour sa campagne de dons qui démarre ce mardi 18 novembre 2025, Framasoft ne se contente pas de demander de l’aide, l’association montre très concrètement ce que vos euros vont financer en 2026. Et c’est très, très impressionnant !

Avec plus de deux millions de personnes qui utilisent ses services chaque mois, Framasoft revendique aujourd’hui le statut de plus gros hébergeur non marchand du monde. Rien que cela ! Comme 94 % de ses ressources viennent des dons, la campagne 2025 sera décisive : l’objectif est de réunir 250 000 € d’ici au 31 décembre pour continuer à faire tourner ses serveurs… et à bricoler un « internet du partage », sans pub ni pistage.

Framasoft le répète : l’association n’a rien à vendre, et ne cherche ni la croissance à tout prix ni le rachat par un grand groupe. Pas de publicité, pas de revente de données, pas d’actionnaires à satisfaire. Les services sont gratuits parce qu’ils sont financés par la solidarité, pas parce que les profils des utilisateurs sont monétisés en coulisses. Chaque don finance donc un commun numérique très concret : des sondages pour une sortie scolaire, un espace de stockage pour une petite asso, une vidéo militante qui ne dépend pas de l’algorithme de YouTube, un formulaire ou une pétition qui ne passent pas par les plateformes habituelles.

Framasoft insiste aussi sur la fragilité de ce modèle : une dizaine de salarié(e)s, une vingtaine de services, une soixantaine de serveurs, et un public très large, sans filet financier autre que les dons. D’où la logique assumée de « robustesse plutôt que croissance » : l’idée n’est pas de devenir un mini-Google, mais de consolider un commun utile à celles et ceux qui refusent de tout confier aux fameux GAFAM.

Ce que vos dons vont financer : les nouveautés 2025–2026

Première grosse brique, Framadate. L’un des services les plus connus de Framasoft avait vieilli côté code comme côté ergonomie. Il est désormais entièrement réécrit sur un nouveau logiciel libre, Pollaris, avec une interface modernisée, un fonctionnement enfin correct sur mobile, une meilleure accessibilité et un parcours de création de sondage plus clair. L’ancienne version reste accessible jusqu’à la fin de l’année, mais à partir de janvier, tout passera par ce « nouveau Framadate » pensé pour durer et accueillir des contributions.

Côté cloud associatif, Framaspace continue de grossir. Basé sur Nextcloud, ce projet offre déjà à près de 2 500 associations et collectifs un espace souverain pour partager fichiers, agendas, tâches, formulaires et comptabilité, gratuitement. En 2025, la capacité par espace est portée de 40 à 50 Go, les visites guidées et tutoriels ont été revus, et un nouveau serveur de visioconférence doit rendre enfin les réunions en ligne fluides à plus de deux personnes. Pour Framasoft, chaque Framaspace coûte cher, mais reste un pari militant : proposer un cloud associatif à des structures qui n’auraient pas les moyens d’acheter des services équivalents chez les géants du numérique.

Sur le front de la vidéo, PeerTube passe la huitième. La version 8 du logiciel, attendue d’ici la fin d’année, permet enfin de diriger une chaîne à plusieurs, une demande récurrente des médias, institutions et collectifs qui utilisent déjà la plateforme. L’outil d’import et de synchronisation s’améliore aussi, notamment pour rattraper les importations qui échouent quand YouTube se met à bloquer certaines adresses IP. En parallèle, l’appli mobile officielle PeerTube a beaucoup gagné en maturité grâce au financement participatif de juin : gestion du compte, listes de lecture, téléchargement hors ligne, commentaires, double authentification, amélioration du lecteur… Une grosse mise à jour doit apporter l’envoi de vidéos directement depuis le smartphone, puis, début 2026, la lecture en arrière-plan. L’objectif est clair : ne plus dépendre du navigateur pour publier ou suivre des chaînes PeerTube.

Framasoft lance aussi de nouveaux services autonomes. FramaPDF pour signer, annoter, fusionner ou comprimer des PDF, ajouter un filigrane ou modifier les métadonnées, sans confier vos documents à un service opaque. Sauf quand plusieurs personnes doivent signer, tout se fait directement dans le navigateur, les fichiers ne sont pas stockés côté Framasoft. Avec Framacount, l’association propose une alternative libre aux applications de partage de dépenses type Tricount : on saisit qui a payé quoi, le service calcule automatiquement qui doit combien à qui et simplifie les remboursements entre ami·es ou membres d’un collectif, sans compte utilisateur ni exploitation de données.

Autre nouveauté, Framatoolbox, pensée comme un couteau suisse numérique. Cette « boîte à outils » regroupe des services de productivité simples mais souvent introuvables en version éthique : redimensionner ou convertir des images et des vidéos, manipuler des listes ou des fichiers CSV/JSON, extraire l’audio d’une vidéo, changer des formats de documents… Le tout s’appuie notamment sur Omnitools et Vert, deux logiciels libres qui fonctionnent en grande partie directement dans le navigateur. Là encore, les fichiers restent chez toi, excepté pour certaines conversions vidéo limitées en taille.

Après une longue gestation, Framapetitions s’ouvre enfin au grand public. Fondée sur le logiciel libre Pytition, la plateforme permet à des individus ou des organisations de créer des pétitions, de collecter des signatures validées par courriel et d’exporter les listes de signataires. Framasoft y a ajouté des outils anti-abus, tandis que d’autres organisations comme Résistance à l’Agression Publicitaire ou Les Amis de la Terre contribuent à l’ergonomie. L’idée est de proposer un outil d’expression collective qui respecte la vie privée et ne transforme pas la « démocratie par le clic » en océan de données marketing.

Pourquoi il faut soutenir Framasoft

La campagne de dons sert enfin à préparer les chantiers 2026. L’association annonce déjà la migration de Framaforms vers le logiciel Liberaforms, un futur service Framadraw pour le dessin collaboratif, une alternative libre à Kahoot pour les quiz interactifs (probablement basée sur le logiciel de Particify), un service web de transcription complémentaire à l’appli Lokas, de nouvelles portes d’entrée pour PeerTube, et toujours plus d’améliorations pour Framaspace, Framadate, Framapetitions et l’infrastructure qui soutient la vingtaine de services actuels.

En fil rouge, Framasoft rappelle que tout cela tient à un fil : ni levée de fonds, ni sponsoring massif, ni rachat en vue, mais une somme de petits dons qui permettent de garder en vie un ensemble de communs numériques utiles à plus de deux millions de personnes chaque mois.

Si vous souhaitez, comme nous, que ces outils continuent d’exister — et qu’ils évoluent encore après 2026 —, la fenêtre est simple : 42 jours entre ce mardi 18 novembre et le 31 décembre 2025 pour atteindre les 250 000 €.

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