Après avoir lancé un nouvel ordinateur portable modulaire cette semaine, Framework poursuit sa vision d’appareils réparables et évolutifs avec une nouvelle proposition audacieuse : le Framework Desktop. Ce mini-PC propulse la marque dans l’univers des ordinateurs fixes, avec une puissance impressionnante dans un format compact. Linux ou Windows, vous aurez le choix !
Framework a dévoilé le 25 février son tout premier ordinateur de bureau, équipé des nouveaux processeurs AMD Ryzen AI Max. Ces processeurs offrent jusqu’à 16 cœurs CPU avec une fréquence boost de 5,1 GHz, une partie graphique Radeon 8060S de niveau carte dédiée, et peuvent supporter jusqu’à 128 Go de mémoire unifiée LPDDR5x.
Cette configuration permet de jouer aux jeux les plus exigeants en résolution 1440p ou supérieure, de gérer des charges de travail créatives importantes, et même d’exécuter des applications d’IA localement. Framework a significativement réorienté sa feuille de route il y a un an pour intégrer ce processeur qualifié de « monstre » par la marque elle-même.
Dans ce format de bureau, l’entreprise exploite pleinement les performances du processeur avec une puissance soutenue de 120W et des pics à 140W, tout en maintenant un niveau sonore maîtrisé et des températures raisonnables.
L’esprit PC dans un format compact
Pourquoi Framework se lance-t-il sur le marché des ordinateurs de bureau, alors que ces derniers sont déjà modulaires et évolutifs par nature ? Comme l’explique l’entreprise, c’est justement l’esprit du PC qui a inspiré le Framework Laptop à l’origine.
Le monde du PC est caractérisé par un écosystème interopérable, durable et diversifié, impliquant des centaines de marques et des centaines de millions d’utilisateurs. Framework souhaite rendre cet univers aussi accessible que possible en proposant un ordinateur de bureau à la fois compact, simple, puissant et personnalisable.
Des standards respectés pour une compatibilité maximale
Framework a intégré les normes PC partout où c’était possible. La carte mère du Framework Desktop au format Mini-ITX standard comprend des connecteurs ATX, un slot PCIe x4, et un ensemble complet de ports arrière (notamment 2x USB4, 2x DisplayPort, HDMI et Ethernet 5 Gbit/s).
L’alimentation semi-personnalisée de 400W développée avec FSP respecte le format Flex ATX standard. Le système utilise des ventilateurs CPU standard de 120 mm, avec un système thermique co-développé avec Cooler Master et Noctua. Deux slots PCIe NVME M.2 2280 permettent d’installer jusqu’à 16 To de stockage, et un module RZ717 assure la connectivité Wi-Fi 7.
Personnalisation et modularité au cœur du projet
Le Framework Desktop perpétue l’esprit de personnalisation cher à la culture PC. Les utilisateurs peuvent choisir entre des panneaux latéraux noirs ou translucides, sélectionner un ventilateur RGB, et fixer une poignée de transport optionnelle pour faciliter les déplacements.
Framework a également conçu le panneau avant du boîtier avec 21 tuiles personnalisables en couleur, dont le design a été publié en open source pour permettre aux utilisateurs d’imprimer leurs propres versions en 3D. Le système de cartes d’extension des ordinateurs portables Framework a également été intégré, avec deux emplacements à l’avant permettant de personnaliser les ports frontaux.
Un compromis nécessaire sur la mémoire
Un seul aspect déroge aux normes PC habituelles : la mémoire. Pour permettre la bande passante massive de 256 Go/s offerte par le Ryzen AI Max, la mémoire LPDDR5x est soudée à la carte mère. Framework explique avoir travaillé pendant des mois avec AMD pour explorer des solutions alternatives, mais il était techniquement impossible d’intégrer une mémoire modulaire offrant un débit élevé avec le bus mémoire 256 bits.
En compensation de cette non-évolutivité de la mémoire, Framework propose des prix plus raisonnables que la concurrence pour les différentes configurations.
Des prix compétitifs et une approche DIY
La configuration haut de gamme avec le Ryzen AI Max+ 395 et 128 Go de mémoire démarre à 1 999 € (hors taxes en Europe). Ce prix est excellent pour le gaming, mais représente une proposition de valeur exceptionnelle pour les charges de travail IA. L’inférence IA locale a jusqu’à présent été limitée par la capacité mémoire restreinte et les prix élevés des cartes graphiques grand public et professionnelles.
Avec le Framework Desktop, il devient possible d’exécuter des modèles massifs comme le Llama 3.3 70B Q6 à une vitesse conversationnelle en temps réel, directement sur son bureau. Grâce à l’USB4 et à la connectivité Ethernet 5 Gbit/s, plusieurs systèmes peuvent être connectés pour exécuter des modèles encore plus importants, comme le DeepSeek R1 671B complet.
La configuration de base du Framework Desktop est encore plus abordable, avec le Ryzen AI Max 385 à 8 cœurs et 32 Go de mémoire à partir de 1 099 € (hors taxes en Europe). Tous les systèmes sont proposés en édition DIY, ce qui signifie que les utilisateurs peuvent choisir d’apporter leur propre stockage et système d’exploitation. Pour les néophytes, Framework promet de publier des guides et des vidéos détaillées pour faciliter le montage.

Le Framework Desktop prend en charge Windows 11 et diverses distributions Linux populaires comme Ubuntu et Fedora, ainsi que des systèmes d’exploitation orientés jeu comme Bazzite et Playtron. Il est également possible de précommander uniquement la carte mère, à partir de 799 € (hors taxes en Europe).
Dernière question : quand le Framework Desktop sera-t-il disponible ? Les précommandes sont d’ores et déjà ouvertes, avec des premières livraisons prévues pour le début du troisième trimestre 2025. Pour les acheteurs en France et en Belgique, il faudra ajouter la TVA aux prix indiqués lors d’une commande en Europe.
