C’est historique, et ce n’est pas un mot qu’on utilise à la légère. Google vient d’annoncer la fin de sa commission de 30 % sur le Play Store et l’ouverture officielle d’Android aux boutiques d’applications concurrentes. Une posture radicalement opposée à celle d’Apple, qui continue de défendre bec et ongles son monopole sur l’App Store. Le billet officiel de Sameer Samat, président de l’écosystème Android chez Google, a été publié le 4 mars 2026.
Le contexte : Google soldait simultanément son long conflit avec Epic Games, résolvant « tous nos différends avec Epic Games dans le monde entier » selon ses propres termes. Mais au-delà du règlement judiciaire, les changements annoncés vont bien plus loin et s’appliquent à l’ensemble de l’écosystème jusqu’en juin 2032. Une annonce plutôt inattendue qui intervient également dans le contexte du Mobile World Congress cette année.
Des commissions en forte baisse dès le 30 juin en Europe
Pour les développeurs de l’Espace économique européen, du Royaume-Uni et des États-Unis, le calendrier est clair : d’ici le 30 juin 2026, la nouvelle structure tarifaire entre en vigueur. La commission standard sur les achats intégrés tombe à 20 % pour les nouvelles installations, et à 15 % pour les développeurs participant au programme App Experience ou au programme Play Games Level Up. Les développeurs qui utilisent le système de facturation de Google s’acquitteront en plus d’un taux spécifique de 5 % pour la facturation, séparé des frais de service. Les abonnements récurrents passent à 10 %.

L’Australie suit en septembre 2026, la Corée et le Japon en décembre, et le reste du monde en septembre 2027.
Les boutiques d’applications tierces enfin traitées en adultes
L’autre rupture majeure concerne le sideloading. Google lance un programme de « boutiques d’applications enregistrées » qui simplifie considérablement l’installation de stores alternatifs sur Android : fini les écrans d’avertissement à répétition qui décourageaient les utilisateurs. Les boutiques qui s’inscrivent au programme bénéficient d’un flux d’installation simplifié. Celles qui ne souhaitent pas s’y inscrire conservent le même traitement qu’aujourd’hui, sans pénalité. On imagine que les boutiques comme F-Droid, spécialisées dans les logiciels open source pour Android, vont y trouver un certain intérêt.

Les développeurs gagnent par ailleurs le droit de proposer leur propre système de facturation en parallèle de celui de Google Play, ou de rediriger les utilisateurs vers leur site web pour finaliser un achat. Le lancement du programme de boutiques enregistrées est prévu d’ici la fin 2026 avec une version majeure d’Android, hors États-Unis dans un premier temps (soumis à approbation judiciaire pour le marché américain).
La pression réglementaire européenne n’est pas étrangère à cette accélération : la Commission européenne examinait Google Play depuis début 2024, et une amende significative était dans les tuyaux pour le premier trimestre 2026 si Google ne faisait pas de nouvelles concessions.
