Une réplique éthique à Meta et ses lunettes Ray-Ban connectées ? Brilliant Labs joue une autre partition. La startup basée à Singapour vient de dévoiler Halo, sa nouvelle génération de lunettes intelligentes. Prix annoncé : 299 dollars, soit environ 275 euros. Mais au-delà du tarif agressif, ce sont surtout deux promesses qui démarquent Halo : l’ouverture du code et du matériel, et la protection radicale de la vie privée.
Équipées d’un écran microOLED couleur, de deux micros, de haut-parleurs à conduction osseuse et d’une puce IA basse consommation, les lunettes Halo sont conçues pour un usage quotidien. L’interface repose sur Noa, un assistant intelligent multimodal qui voit, entend, répond à vos commandes — et surtout se souvient.
Brilliant Labs introduit ici un concept baptisé Narrative : une mémoire privée embarquée, capable de retenir des éléments du quotidien — prénoms, visages, conversations — sans jamais envoyer ces données dans le cloud. Les images et sons capturés sont immédiatement transformés en représentations mathématiques irréversibles, une approche qui préserve l’utilité sans compromettre la vie privée. L’ambition : fournir une mémoire augmentée locale, notamment utile pour les personnes souffrant de troubles de la mémoire ou de la vue.

100 % open source, 100 % programmable
Contrairement aux lunettes Ray-Ban de Meta, dont les composants matériels et logiciels sont fermés, Halo est intégralement documenté et ouvert. Brilliant Labs fournit les schémas techniques, rend le firmware accessible via GitHub et permet aux développeurs de personnaliser librement l’appareil. Le message est clair : ce n’est pas un produit captif, mais une plateforme.
Cette ouverture inclut aussi des commandes vocales de confidentialité. À tout moment, vous pouvez couper les micros, désactiver la caméra ou mettre les lunettes en veille. L’entreprise parle d’un “VPN entre vous et l’IA”, tant l’ensemble du traitement reste local et sous votre contrôle.
Une alternative sérieuse pour l’IA personnelle
Avec 14 heures d’autonomie annoncées (contre 4 heures pour les Ray-Ban Meta), Halo affiche aussi des performances concrètes. La puce Alif B1, spécialisée dans l’inférence IA basse consommation, permet une réactivité fluide sans sacrifier l’autonomie. Et tout cela dans un design léger (un peu plus de 40 g), pensé pour se fondre dans un usage quotidien — pas pour impressionner sur TikTok.
En somme, Brilliant Labs propose une vision fondamentalement différente de l’informatique embarquée : plus discrète, plus utile, plus éthique. Là où Meta vise le partage social, Halo vise l’assistant privé à long terme, pensé comme une extension de la mémoire humaine et une interface conversationnelle durable. Reste à voir si cette approche plus artisanale, mais plus libre saura trouver sa place face aux écosystèmes ultra-intégrés des grandes plateformes.
