IBM

IBM parie sur Red Hat et l’IA, au prix de milliers de suppressions de postes

IBM confirme la suppression de milliers de postes au quatrième trimestre 2025, dans le cadre d’un vaste recentrage stratégique sur les logiciels et l’intelligence artificielle. L’annonce, révélée par Bloomberg et reprise par l’agence Reuters, marque une nouvelle étape dans la transformation d’IBM vers un modèle fondé sur le cloud hybride et les marges logicielles plus élevées.

Selon un porte-parole du groupe, cette restructuration concernera “un pourcentage à un chiffre faible” de ses 270 000 employés à travers le monde. Si certains postes américains seront affectés, l’entreprise prévoit de maintenir un niveau d’emploi global stable… aux États-Unis. Sous la direction d’Arvind Krishna, PDG depuis 2020, IBM a réorienté son modèle économique, notamment autour de Red Hat, acquis en 2019, devenu le moteur de sa stratégie open hybrid cloud. L’entreprise cherche à capitaliser sur la demande croissante d’outils liés à l’IA et à la modernisation logicielle des infrastructures d’entreprise.

Les investisseurs ont salué ces dernières années la transformation de Big Blue, faisant grimper son action de plus de 35 % depuis janvier 2025. Mais les signaux récents inquiètent : la croissance de Red Hat a ralenti à 14 % au troisième trimestre, contre 16 % précédemment. Ce ralentissement a ravivé les doutes quant à la capacité d’IBM à exploiter pleinement la vague d’investissements dans l’IA et le cloud d’entreprise.

IBM avait pourtant enregistré en octobre des résultats solides, avec un chiffre d’affaires trimestriel en hausse de 9 % à 16,3 milliards de dollars US (14,8 millions d’euros). Néanmoins, la dynamique du segment logiciel reste essentielle pour compenser le déclin des services historiques et des activités d’infrastructure.

Red Hat, HashiCorp et l’automatisation par l’IA

Pour consolider sa position, IBM a multiplié les acquisitions, notamment celle du spécialiste DevOps HashiCorp pour 6,4 milliards de dollars en février 2025 — une opération qui renforce son portefeuille cloud et d’automatisation. La division IA d’entreprise a, quant à elle, dépassé 9,5 milliards de dollars, soit 7,83 millions d’euros de revenus annuels, portée par la plateforme Watsonx et l’intégration d’agents intelligents dans les processus métiers.

Cette stratégie s’accompagne d’une automatisation interne massive. IBM a déjà remplacé environ 200 postes RH par des agents d’intelligence artificielle capables de traiter les tâches administratives courantes. Selon Krishna, jusqu’à 30 % des 26 000 postes administratifs du groupe pourraient progressivement être automatisés dans les années à venir, tandis que les recrutements se concentrent sur les métiers du développement logiciel, de l’ingénierie cloud et des ventes techniques.

Retour en haut