Tribunes & Opinions

Les fournisseurs Hyperscale ne vont pas tuer de sitôt les datacenters appartenant aux entreprises

• Bookmarks: 27


Il arrive parfois que des publications s’interrogent sur le bien-fondé de la décision prise par une entreprise de migrer vers le Cloud, en particulier si elle a opté pour un fournisseur hyperscale. Une tribune de Claus Jepsen, Chief Technology Officer de Unit4.

Dans un récent exemple, David Heinemeier Hansson a parlé franchement de sa décision de quitter le Cloud et de gérer son propre datacenter, car il estimait que c’était un choix plus économique.

Pour moi, cela souligne que le Cloud n’est pas adapté à toutes les applications, et la question devient donc de savoir comment décider quelle stratégie est opportune pour vous.

Les options sur la table, aujourd’hui

Le Cloud ne sonne pas le glas de la possession d’un datacenter. L’approche la plus judicieuse dépend de la compréhension du problème que vous essayez de résoudre – et, sur le plan technique, de la bonne compréhension des caractéristiques de votre logiciel.

Avec l’avènement du Cloud, beaucoup ont clamé haut et fort que le Cloud public représentait l’avenir, que personne n’aurait plus besoin de posséder des datacenters et que les fournisseurs hyperscale tels qu’Amazon Web Services, Microsoft et Google hébergeraient l’ensemble des applications pour entreprises.

La réalité aujourd’hui est plus subtile et nuancée, et le spectre des options s’étend, à l’extrême, de la possession d’un datacenter à la migration intégrale vers un fournisseur hyperscale. Entre les deux, on dénombre différentes options de Cloud privé et de colocalisation offrant différents avantages.

La décision de rester dans votre datacenter ou de migrer vers le Cloud dépend de plusieurs facteurs. Au regard des problèmes que vous cherchez à résoudre, vous devez vous poser certaines questions évidentes concernant la capacité de votre application à évoluer pour répondre aux fluctuations ou aux pics de demande.

Examiner trois services

D’un point de vue technique, il est également judicieux d’examiner de près trois grandes catégories de services : les interactions avec l’utilisateur, les API et le traitement du back-office.

Votre évaluation des caractéristiques de votre logiciel, ainsi que de sa stabilité et de sa flexibilité, auront un impact sur votre décision de rester dans votre datacenter ou d’évoluer vers l’une des nombreuses options de Cloud. Si votre application est stable et n’a pas besoin d’évoluer, il peut être tout aussi efficace de l’exécuter dans votre datacenter.

De même, il est important de prendre en compte les conséquences globales de l’adoption du Cloud. L’hébergement de vos applications dans votre datacenter peut potentiellement vous offrir davantage de contrôle. Si elles sont exécutées dans le Cloud, vos applications pourraient bien fonctionner sur différentes plateformes ; vous devez donc être en mesure d’administrer l’ensemble de ces systèmes. La mobilité est également un facteur à prendre en compte, afin qu’il soit facile de transférer des données d’une plateforme à l’autre. Certains fournisseurs de Cloud peuvent ne pas être configurés pour faciliter le déroulement de ce processus, alors que dans votre datacenter, vous disposez d’un contrôle beaucoup plus étendu.

Il est également essentiel de prendre en compte les accords de niveau de service (SLA) que proposent les fournisseurs de Cloud. Quel sera le délai de rétablissement d’une application en cas de problème lié à la prise en charge ? Pour les applications vitales, telles que le rapprochement en fin de mois, cette exigence est immédiate, car tout retard a des conséquences financières. Il est également important de connaître le niveau de certification qu’offre votre fournisseur de services Cloud, en fonction du secteur de l’industrie dans lequel vous opérez. Dans certains secteurs, la conformité aux normes SOC ou ISO n’est pas négociable.

Hyperscale au lieu du Cloud ? Pas si vite.

En réalité, la solution à cette question n’est pas aussi tranchée que la décision d’opter ou non pour la migration vers le Cloud. Prenons le scénario suivant : votre application de planification des ressources de l’entreprise (ERP) est plutôt stable et s’exécute dans votre datacenter. Si vous avez besoin de traiter de grands volumes de données (pour le rapprochement en fin de mois, par exemple), vous pouvez exécuter des processus de back-office dans le Cloud ; et une fois ces processus terminés, les données peuvent être à nouveau transmises vers l’environnement sur site.

Il est peu probable que les fournisseurs hyperscale puissent dissuader les clients de posséder leur propre datacenter dans un avenir proche. Les clients disposent aujourd’hui d’un large éventail de choix, et ils sont nombreux à opter pour une approche hybride, qui leur offre la flexibilité indispensable pour répondre aux exigences imposées à leurs systèmes informatiques. En fin de compte, les clients paieront pour la valeur qu’ils attribuent à une approche particulière. Certes, dans certaines circonstances, il peut être moins coûteux d’exécuter une application dans un environnement de Cloud public multi-locataires ; dans d’autres, toutefois, il peut être plus économique de l’exécuter en interne. Cependant, la gestion de vos applications en interne demande beaucoup de ressources, et il est important de déterminer si cette approche vous offrira l’évolutivité et la flexibilité dont vous avez besoin. Il n’existe pas de réponse correcte unique à cette question ; la bonne nouvelle, en revanche, est qu’il existe une gamme d’options permettant de répondre à pratiquement tous les besoins.

- Claus Jepsen, Chief Technology Officer, Unit4

27 recommended
bookmark icon
%d