Dimanche dernier, Linus Torvalds a marqué une nouvelle étape historique en publiant la version finale du noyau Linux 7.0. Si le passage au numéro 7.0 est avant tout symbolique — Torvalds avouant être « à court de doigts » pour compter les versions mineures de la branche 6.x — les changements techniques, eux, sont profonds. Cette mouture signe la fin de la phase expérimentale pour Rust et définit enfin les règles du jeu pour l’intelligence artificielle.
Le changement le plus emblématique de cette version, /T/#u" class="external external_icon" target="_blank">libérée ce 12 avril, est sans doute la promotion du support du langage Rust, qui passe officiellement du statut expérimental à stable. Cette décision, actée lors du sommet des mainteneurs 2025, confirme que Rust est désormais un pilier de la chaîne d’outils du noyau. L’objectif reste le même : éradiquer les failles de sécurité mémoire qui empoisonnent historiquement les développements en C. Bien que certaines combinaisons matérielles restent délicates, le signal envoyé à l’industrie est clair : Rust fait partie de l’ADN de Linux.
Au-delà de Rust, cette version 7.0 muscle les capacités du système :
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Auto-réparation XFS : le système de fichiers peut désormais détecter et corriger des données corrompues en toute autonomie, sans interrompre le service.
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Résistance quantique : l’intégration de l’algorithme de signature ML-DSA prépare le noyau aux futures menaces des ordinateurs quantiques.
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Optimisations matérielles : le support des processeurs ARM64, RISC-V ainsi que les futures puces Intel et AMD de fin d’année est déjà au rendez-vous.
Contributions par IA : la fin du flou artistique
Parallèlement à cette sortie, le projet a enfin publié sa politique officielle concernant le code généré par IA. Face à l’explosion des outils comme GitHub Copilot ou Claude, le noyau Linux ne joue pas l’autruche, mais impose une transparence totale.
Le principe est simple : la responsabilité reste 100 % humaine. Les agents d’IA sont formellement interdits de signer les soumissions (Signed-off-by). Seul un développeur en chair et en os peut certifier l’origine du code et en assumer les conséquences juridiques et techniques.
Pour garantir cette transparence, une nouvelle balise d’attribution fait son entrée : « Assisted-by ». Les contributeurs doivent désormais préciser l’outil utilisé et la version du modèle (par exemple : Assisted-by: Claude:claude-3-opus). Comme l’ont souligné Linus Torvalds et Sasha Levin (Nvidia), cette règle vise les acteurs de bonne foi ; les fraudeurs ne déclarant de toute façon jamais leurs outils.
Le « Point d’inflexion » de Greg Kroah-Hartman
Cette officialisation arrive à point nommé. Greg Kroah-Hartman, gardien des versions stables du noyau, a noté un changement radical ces dernières semaines. Selon lui, les rapports de bugs générés par l’IA, autrefois remplis d’erreurs grossières, sont devenus soudainement légitimes et exploitables. Ce bond technologique a d’ailleurs provoqué une hausse inhabituelle du nombre de modifications (commits) durant le cycle de développement de la version 7.0.
Le noyau Linux 7.0 sera disponible dès ce mois-ci dans les distributions à cycle rapide et équipera la future Ubuntu 26.04 LTS. Vous pouvez consulter l’annonce originale de Linus Torvalds sur la /T/#u" target="_blank" rel="noopener">mailing list du noyau.
