Microsoft vient de franchir une nouvelle étape dans sa démarche de préservation historique en publiant le code source de 86-DOS 1.00. Cette annonce, qui célèbre le 45e anniversaire du système d’exploitation, offre au monde le plus ancien code source DOS découvert à ce jour.
Cette initiative s’inscrit dans la volonté de la firme de Redmond de partager les origines de ses systèmes d’exploitation pour permettre leur étude et leur conservation. Comme le précise le blog de Microsoft Open Source, ces documents ont été méticuleusement localisés, numérisés et retranscrits par une équipe d’historiens dirigée par Yufeng Gao et Rich Cini.
Du « Quick and Dirty » au standard mondial
L’histoire de 86-DOS, initialement baptisé QDOS pour Quick and Dirty Operating System, est indissociable de la naissance de l’ordinateur personnel. Développé par Tim Paterson au sein de Seattle Computer Products pour les processeurs Intel 8086, le système a d’abord été licencié par Microsoft avant d’être racheté pour 25 000 dollars en juillet 1981. Ce socle a ensuite évolué pour devenir les célèbres MS-DOS et PC-DOS. En recrutant Paterson cette même année, Microsoft posait alors les premières pierres de ce qui allait devenir une domination hégémonique sur le marché des systèmes d’exploitation.
Des listings papier aux dépôts GitHub
Le travail de numérisation a été colossal car Tim Paterson avait conservé les listings originaux du code source sur du papier d’imprimante thermique, agrémenté de nombreuses annotations manuscrites. Ces archives, qui comprennent le noyau du système ainsi que des utilitaires historiques comme CHKDSK ou l’assembleur lui-même, sont désormais accessibles à tous. Le dépôt GitHub officiel propose ainsi ces sources sous licence MIT, permettant aux curieux et aux chercheurs d’explorer les tripes du logiciel original.
Microsoft compare d’ailleurs ces documents à un « historique de commits imprimé ». En observant les ratures et les notes à la main de Paterson, on peut retracer l’ordre d’implémentation des fonctionnalités, les erreurs de logique rencontrées à l’époque et la manière dont elles ont été corrigées. C’est une véritable ligne du temps figée sur papier qui reprend vie numériquement. Pour les passionnés de matériel, les artefacts physiques originaux seront exposés à l’Interim Computer Museum, après avoir été donnés par leur auteur.
Cette publication open source vient compléter une série de contributions archivistiques entamée en 2014 avec les sources de MS-DOS 1.25 et 2.0, suivies plus récemment de MS-DOS 4.00. En libérant ces actifs en open source sous licence MIT, Microsoft transforme des secrets commerciaux d’autrefois en un patrimoine informatique universel accessible par simple curiosité ou pour des besoins académiques.

