ONU : le Bureau du développement des télécoms ouvre son code et rejoint la communauté open source

Quand une agence des Nations Unies décide d’ouvrir son code, cela dépasse le simple geste technique. Le Bureau du développement des télécoms (BDT) de l’Union internationale des télécommunications (UIT) a choisi de franchir le pas vers l’open source, en collaboration avec GitHub. L’objectif ? Transformer des projets jusque-là confinés à un environnement fermé en ressources partagées, capables de profiter à une communauté mondiale de développeurs, de partenaires et d’acteurs du numérique.

Le projet a pris la forme d’un atelier de six mois, animé avec GitHub dans le cadre d’un programme de volontariat de compétences. Les équipes du BDT, jusque-là habituées à travailler dans un environnement Azure DevOps fermé, ont appris à structurer leurs projets pour un écosystème ouvert et collaboratif.

Quatre étapes clés pour basculer dans l’open source

La transition vers l’open source s’est articulée en quatre grandes étapes.

Tout a d’abord commencé par une phase d’exploration : les équipes ont étudié différents dépôts open source, certains très aboutis, d’autres encore émergents, afin de comprendre ce qui fonctionnait bien et d’identifier les bonnes pratiques à reprendre. Cette immersion leur a permis d’affiner leur regard critique et d’imaginer ce que pourrait être leur propre projet une fois rendu public.

Dans un deuxième temps, il a fallu adopter un véritable état d’esprit « ouvert », en appliquant cette nouvelle approche directement au code. Le BDT a examiné en détail ce qui pouvait être partagé, a nettoyé les références internes sensibles, remplacé les dépendances incompatibles et ajouté des jeux de données fictifs accompagnés de guides clairs pour que chacun puisse les utiliser.

Une fois le socle clarifié, l’étape suivante a consisté à choisir une licence. L’équipe a retenu la BSD-2, une licence permissive qui autorise une large réutilisation du code, à condition d’en mentionner la source. Ce choix, cohérent avec les objectifs de collaboration du BDT, permet d’assurer clarté juridique et ouverture maximale.

Enfin, la dernière étape a été celle de l’ouverture à la communauté. Pour encourager les premiers contributeurs, les équipes ont veillé à documenter des « petites victoires » faciles à saisir, à mettre en place des processus de contribution bien balisés et à renforcer la qualité du code par des tests et des outils de sécurité.

Parallèlement, un effort particulier a été consacré à la documentation, avec la mise en place de guides accessibles, dont un “Getting Started” et un fichier CONTRIBUTING.md pour accompagner les nouveaux contributeurs. Enfin, des règles de sécurité et de tests automatisés ont été instaurées afin d’encadrer les futures contributions et garantir la qualité du code publié.

Pourquoi c’est important

Pour une organisation internationale comme l’ONU, cette ouverture marque un tournant. Elle prouve en effet que l’open source offre une manière de mutualiser les efforts, de créer des standards ouverts et de favoriser l’innovation collective. C’est aussi une manière pour l’ONU d’incarner le principe “Public Money? Public Code!” que défendent de longue date les acteurs du logiciel libre : ce qui est financé par des fonds publics doit être accessible et réutilisable par tous.

Enfin, pour celles et ceux qui souhaitent s’engager à leur tour dans l’open source à visée sociale, il existe des points d’entrée simples. Le dépôt For Good First Issue recense des projets technologiques à impact, dans lesquels chacun peut contribuer selon ses compétences.

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