Peter Steinberger, l’ingénieur autrichien à l’origine du phénomène open source OpenClaw, tire la sonnette d’alarme. Selon lui, la prudence excessive des entreprises américaines face aux agents IA pourrait laisser le pays sur la touche, alors que la Chine a déjà basculé dans une automatisation radicale du travail.
Lors d’une interview exclusive accordée à Bloomberg depuis le siège d’OpenAI à San Francisco, Peter Steinberger a dressé un constat cinglant. Aux États-Unis, l’utilisation d’outils comme OpenClaw est souvent perçue comme un risque pour la sécurité, pouvant mener au licenciement. En Chine, c’est l’exact opposé : ne pas automatiser ses tâches est devenu une faute professionnelle.
Cette « fièvre OpenClaw » est confirmée par NBC News : à Shenzhen, des ingénieurs aident les citoyens, des étudiants aux retraités, à installer l’agent sur leurs machines. Certaines entreprises chinoises imposent même des formulaires quotidiens intitulés « Qu’avez-vous automatisé aujourd’hui ? ». Steinberger reconnaît les risques de sécurité, mais estime que l’expérimentation est la seule voie pour ne pas devenir obsolète.
La « psychose de la griffe » : quand l’IA remplace le code
Même les plus grands noms de la tech succombent à la puissance de l’outil. Andrej Karpathy, cofondateur d’OpenAI, a récemment révélé avoir automatisé toute sa maison via un système baptisé « Dobby the Elf Claw ». Ce dernier gère tout : des stores à la sécurité, en passant par le chauffage, remplaçant ainsi six applications distinctes.
Karpathy confie être entré dans une véritable « psychose de la griffe » en janvier, une phase d’automatisation intense qui l’a mené à un constat radical : il n’a pas tapé une seule ligne de code manuellement depuis décembre. Pour Jensen Huang, PDG de Nvidia, OpenClaw est tout simplement la sortie logicielle la plus importante de l’histoire, affirmant que chaque entreprise doit désormais avoir une stratégie dédiée.
OpenClaw devient une fondation mondiale
L’avenir du projet s’écrit désormais chez OpenAI. Comme nous l’évoquions lors de l’arrivée de Peter Steinberger chez OpenAI, l’outil va devenir une fondation indépendante. Elle regroupera des partenaires de poids comme Microsoft, Nvidia, ByteDance et Tencent.
Aujourd’hui intégré à l’équipe Codex, Steinberger travaille à fluidifier la communication entre les agents IA personnels et professionnels. Avec plus de 100 000 étoiles sur GitHub, OpenClaw n’est plus une simple curiosité pour développeurs, mais l’infrastructure d’une société où l’intelligence artificielle devient le premier collaborateur.
