Le Parlement européen reconnaît que l’indépendance technologique de l’Union passe par le logiciel libre. Le vote du 3 juin 2025 en commission de l’industrie (ITRE) souligne l’intérêt d’une stratégie « open source first », mais le rapport final manque encore de mesures concrètes pour passer des mots aux actes, selon la FSF Europe.
Dans un rapport d’initiative sur la souveraineté technologique européenne, les députés de la commission ITRE ont adopté plusieurs recommandations favorables au logiciel libre. Ils y reconnaissent que l’open source joue un rôle clé pour réduire les dépendances, éviter les situations de verrouillage fournisseur (vendor lock-in), encourager l’interopérabilité, renforcer la compétitivité européenne et stimuler l’innovation.
Le rapport va jusqu’à recommander explicitement une politique « Open Source First », rejoignant ainsi les revendications de la campagne « Public Money? Public Code! » portée par la Free Software Foundation Europe (FSFE).
Mais cette avancée politique reste partielle. Dans un communiqué, Alexander Sander, consultant politique senior pour la FSFE, salue la reconnaissance du rôle du logiciel libre, mais regrette l’absence d’engagements concrets :
« Seules les quatre libertés du logiciel libre — utiliser, étudier, partager, améliorer — permettent à l’UE de retrouver la maîtrise de ses infrastructures numériques. Encore faut-il se donner les moyens de les mettre en œuvre. »
La FSFE appelle les députés européens à amender le texte avant le vote en plénière, afin d’y intégrer des engagements précis : facilité de la commande publique pour les solutions libres, financements pérennes pour les infrastructures logicielles essentielles, collaboration accrue entre les États membres, etc. Cette reconnaissance politique est un tournant, mais elle ne suffira pas à garantir une véritable souveraineté numérique européenne sans volonté de mise en œuvre. Les prochaines semaines seront cruciales pour transformer l’essai.
