Le Pixel 10 de Google compatible avec les applications Linux

 

Le Pixel 10 de Google est discrètement devenu le premier smartphone Android capable d’exécuter des applications Linux accélérées par GPU, marquant une étape importante vers la convergence entre informatique mobile et environnement de bureau. D’après Android Authority, cette nouveauté est actuellement disponible dans la version Android 16 QPR2 Beta 3, mais reste pour l’instant exclusive au Pixel 10.

Jusqu’ici, les applications Linux exécutées dans le terminal Android s’appuyaient sur Lavapipe, un moteur de rendu logiciel fonctionnant sur le CPU — efficace mais lent. Avec cette mise à jour, Google introduit une accélération graphique matérielle complète grâce à Gfxstream, une bibliothèque qui transmet directement les appels API depuis la machine virtuelle Linux vers le GPU Tensor G5 du téléphone.

Concrètement, cela signifie que les applications graphiques Linux — IDE, outils de modélisation, clients de bases de données, ou environnements de développement — peuvent désormais tourner avec un rendu fluide, des fenêtres redimensionnables sans lag et un affichage bien plus net. Cette avancée s’appuie sur le cadre de virtualisation Android, qui crée un environnement Linux isolé via pKVMet crosvm, deux composants déjà utilisés pour exécuter ChromeOS et Android dans des contextes sécurisés.

Un test grandeur nature sur Pixel 10

Les premiers retours de développeurs confirment que la prise en charge GPU est active : plusieurs programmes Linux détectent désormais le pilote Vulkan du Pixel 10. Toutefois, l’intégration reste incomplète : la machine virtuelle Linux ne peut accéder qu’à 47 des 142 extensions Vulkan disponibles sur l’appareil, et certaines applications restent plus stables avec le rendu logiciel.

Les fichiers de configuration d’Android 16 QPR2 pour le Google Pixel 10 montrent par ailleurs que cette accélération GPU est activée via une superposition spécifique au Pixel 10, absente des autres modèles. Cela laisse penser que Google effectue encore des tests avant un déploiement plus large sur les prochains appareils Android.

Si la fonctionnalité reste expérimentale, son potentiel est considérable. Elle positionne Android comme une plateforme hybride, capable d’exécuter des applications mobiles et des outils Linux dans un même environnement, avec un niveau d’isolation élevé. Pour Google, c’est aussi un moyen de rapprocher les mondes Android, ChromeOS et Linux autour d’une base commune de virtualisation.

Car oui, à terme, cette compatibilité pourrait transformer les smartphones haut de gamme en véritables postes de travail portables, capables d’héberger des environnements de développement complets ou des applications scientifiques directement sous Android — sans compromis de performances ni dépendance à un PC.

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