On le sait peu, mais depuis plus de 10 ans, le groupe SNCF investit dans le logiciel libre, aussi bien pour des logiciels métiers, de la bureautique ou des progiciels d’infrastructure. L’entreprise annonce qu’elle participe à la création de l’association Open Rail, qui se réunira au FOSDEM à Bruxelles début février. Quels enjeux ?
L‘entreprise ferroviaire française s’inscrit dans une démarche d’ouverture et d’innovation. Cette stratégie, qui lui permet de réduire ses coûts et de favoriser la collaboration, est en train de transformer en profondeur son fonctionnement. En choisissant le logiciel libre, la SNCF fait le pari d’une plus grande transparence et d’une meilleure maîtrise de ses outils informatiques. Comme l’explique Simon Clavier, Open Source Software Strategist au sein du groupe SNCF, « cette stratégie nous permet de limiter nos dépenses en licences informatiques, de pouvoir consulter le code source et de bénéficier du dynamisme d’une grande communauté de développeurs« .
OSRD : un outil au cœur de l’innovation
L’un des projets phares de la SNCF en matière de logiciel libre est OSRD (Open Source Railway Designer). Ce jumeau numérique du réseau ferroviaire permet d’optimiser l’exploitation des lignes, de simuler différents scénarios et de faciliter la planification (voir son compte Github).
Loïc Hamelin, Directeur du premier programme open source ferroviaire chez SNCF Réseau, souligne l’importance d’OSRD : « OSRD est un programme pour la conception ferroviaire pensé pour optimiser le fonctionnement du réseau avec son volet ‘Horizon’ mais également permettre à des métiers comme le FRET, de gagner des parts de marché sur le transport routier avec son volet ‘Last Minute Request’. »

Open Rail Association : une collaboration européenne fructueuse
Fort du succès d’OSRD, la SNCF a co-fondé l’Open Rail Association. Cette association rassemblera les principaux acteurs européens du ferroviaire, tels que les CFF, la Deutsche Bahn ou encore Infrabel (Belgique), dans le but de développer des logiciels libres communs au secteur ferroviaire.
La collaboration entre la SNCF et les CFF autour de NGE et OSRD en est un parfait exemple. Comme l’explique Simon Clavier, « avant l’existence et l’adhésion de l’Open Rail Association, une collaboration aussi fructueuse aurait été hautement improbable« .
En mutualisant leurs efforts et leurs compétences, les membres de l’association peuvent accélérer le développement de solutions innovantes, réduire les coûts et améliorer la performance des réseaux ferroviaires. Plusieurs enjeux : interopérabilité des systèmes ferroviaires européens, développement de fonctionnalités pour les logiciels libres existants, création de standards ouverts pour le secteur et promotion de l’open source dans les transports.
L’Open Rail Association se réunira dans quelques semaines à l’occasion du FOSDEM 2025, qui se tiendra à Bruxelles les 1 et 2 février. Tous les détails sur cette présence se trouvent dans ce communiqué.
