Le monde du développement logiciel vient de recevoir une onde de choc venue de l’un de ses plus illustres pionniers. Ryan Dahl, le créateur de Node.js (2009) et de Deno, a jeté un pavé dans la mare le 18 janvier 2026. Dans une déclaration qui fait déjà date sur X, l’ingénieur a affirmé sans détour : « L’ère des humains qui écrivent du code est terminée. »
This has been said a thousand times before, but allow me to add my own voice: the era of humans writing code is over. Disturbing for those of us who identify as SWEs, but no less true. That’s not to say SWEs don’t have work to do, but writing syntax directly is not it.
— Ryan Dahl (@rough__sea) January 19, 2026
Traduction : « Cela a été dit mille fois auparavant, mais permettez-moi d’ajouter ma propre voix : l’ère des humains qui écrivent du code est terminée. Troublant pour ceux d’entre nous qui s’identifient comme ingénieurs logiciels, mais pas moins vrai. Cela ne veut pas dire que les ingénieurs n’ont plus de travail, mais écrire directement la syntaxe n’en fait plus partie. »
30 % chez Google, 80 % chez Anthropic : l’IA a déjà pris les claviers
Pour Dahl, cette déclaration n’est pas une simple provocation, mais le constat d’une réalité déjà solidement installée dans les plus grandes firmes technologiques. Les chiffres officiels de 2025 sont sans appel :
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Google : le PDG Sundar Pichai a révélé que plus de 30 % du nouveau code de l’entreprise est désormais généré par l’IA.
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Anthropic : le cas est encore plus extrême. Environ 80 % de la base de code de l’outil Claude Code a été rédigée par l’IA elle-même. Son créateur, Boris Cherny, a avoué n’avoir écrit aucune ligne de code manuellement pendant un mois complet, se contentant de valider près de 40 000 lignes générées par Opus 4.5.
Vers le « Vibe Coding » et la règle du 70/30
Le rôle des ingénieurs évolue vers ce que la communauté appelle à présent le « Vibe Coding« : on ne tape plus de syntaxe ligne à ligne, on donne des instructions en langage naturel. La pratique se normalise autour d’une règle dite « 70/30 » : 70 % de l’efficacité brute est déléguée à l’IA, tandis que les 30 % humains se concentrent sur l’architecture, l’audit de sécurité et le contrôle qualité.
« C’est troublant pour notre identité d’ingénieur », reconnaît Dahl, mais c’est le prix à payer pour l’innovation à grande échelle. Selon Dario Amodei (PDG d’Anthropic), l’IA pourrait écrire la quasi-totalité du code mondial d’ici fin 2026.
Quel avenir pour les développeurs ?
Pour Ryan Dahl et ses pairs, le développeur de demain ne sera plus un « traducteur de logique en syntaxe« , mais un architecte système et un « manager » d’agents IA. Un changement de paradigme qui place la réflexion conceptuelle et la décision de « quoi construire » bien au-dessus de la maîtrise technique du « comment coder ».
