Google a co-développé Aeneas avec l’Université de Nottingham

Aeneas : l’IA open source de Google qui redonne vie aux inscriptions antiques

Et si l’intelligence artificielle devenait un outil précieux pour les historiens ? C’est exactement ce que propose Aeneas, le nouveau modèle développé par Google DeepMind, en collaboration avec plusieurs universités européennes, notamment en Grande-Bretagne et en Grèce.

Présenté dans un article publié dans Nature et sur le blog officiel de DeepMind, ce modèle d’IA générative permet d’interpréter, d’attribuer et de restaurer des inscriptions latines anciennes, parfois très fragmentaires, grâce à une approche multimodale et contextuelle inédite.

Comprendre le passé avec l’IA

Aeneas est capable de rechercher des parallèles textuels — des similitudes de forme, de syntaxe ou de provenance — dans un corpus de plus de 176 000 inscriptions latines issues de bases de données épigraphiques majeures comme l’Epigraphic Database Roma, Heidelberg ou Clauss-Slaby. Grâce à cela, il peut prédire l’emplacement, la date et le contenu probable d’un texte ancien, même lorsque celui-ci est en partie effacé ou endommagé.

Ses performances sont impressionnantes : 73 % de précision pour restaurer des lacunes de dix caractères, et 58 % lorsque la longueur est inconnue. Il peut dater des textes à environ 13 ans près et identifier leur origine géographique parmi 62 provinces romaines, avec une précision de 72 %. Dans une étude de cas, l’outil a même proposé les deux grandes hypothèses historiques concurrentes pour la datation des Res Gestae Divi Augusti, démontrant ainsi sa capacité à contribuer à des débats scientifiques réels.

Un outil conçu avec et pour les historiens

Développé avec l’Université de Nottingham, en partenariat avec Oxford, Warwick et Athènes, Aeneas ne se contente pas de fournir des résultats automatisés : il est pensé pour travailler main dans la main avec les chercheurs. Une étude conduite auprès de vingt-trois historiens a montré que les meilleurs résultats étaient obtenus lorsqu’ils combinaient leur expertise humaine aux suggestions du modèle. L’IA accélère la recherche de parallèles, élargit les corpus pertinents, et réduit le temps passé sur des tâches fastidieuses.

Dans cet esprit, Google met à disposition une version interactive gratuite du modèle sur predictingthepast.com, ouverte aux chercheurs, enseignants, étudiants et musées. Et pour encourager la recherche, le code source et le jeu de données sont également disponibles en open source sur GitHub via ce dépôt officiel.

Une IA qui parle latin… et grec

Bien qu’entraîné en priorité sur des inscriptions latines, Aeneas peut s’adapter à d’autres langues anciennes, y compris le grec, les langues sémitiques, ou encore des supports tels que le papyrus, les pièces de monnaie ou les artefacts gravés. D’ailleurs, le précédent modèle Ithaca, spécialisé dans les textes grecs, a été mis à jour pour bénéficier de la technologie d’Aeneas. DeepMind et ses partenaires ont même conçu un programme d’enseignement pour connecter les outils d’IA aux humanités dans des contextes éducatifs.

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