AlmaLinux et Rocky Linux continuent de prouver leur fiabilité en suivant la cadence de Red Hat Enterprise Linux.

RHEL 10.1 a déjà ses héritiers : AlmaLinux et Rocky Linux dégainent leurs versions 10.1

L’écosystème Enterprise Linux n’a jamais été aussi vivace…. depuis le grand fracas. À peine quinze jours après l’annonce par Red Hat de la sortie de RHEL 10.1 le 12 novembre dernier, les deux principales distributions alternatives communautaires « bug-for-bug compatible » (ou presque) sont déjà au rendez-vous. Rocky Linux et AlmaLinux OS passent tous deux en version 10.1, intégrant les dernières mises à jour de sécurité et de nouveaux outils de développement.

Au-delà du simple suivi de version, chaque distribution affirme désormais ses particularités techniques. Comparaison.

Rocky Linux 10.1 : priorité à la vitesse de correctif et au chiffrement

L’équipe derrière Rocky Linux a mis l’accent sur l’opérationnel pur et dur dans son annonce officielle. La fonctionnalité vedette pour les administrateurs système est sans doute l’arrivée du Soft Reboot. Basé sur systemd-soft-reboot, ce mécanisme permet de redémarrer uniquement l’espace utilisateur (userspace) sans passer par le cycle complet du BIOS/UEFI et du noyau. C’est un gain de temps précieux pour appliquer des correctifs rapides dans des environnements de production critiques.

Côté sécurité, la distribution emboîte le pas à RHEL sur la cryptographie post-quantique. Rocky Linux 10.1 priorise désormais les algorithmes résistants aux ordinateurs quantiques dans OpenSSL et étend ce support à GnuTLS.

Enfin, les gestionnaires de stockage apprécieront les améliorations sur le système de fichiers XFS, qui permet maintenant le nettoyage à chaud (scrubbing) via xfs_scrub et, dans certains scénarios, la réduction de taille (shrink) avec xfs_growfs, une flexibilité qui manquait cruellement par le passé.

AlmaLinux 10.1 : le pari du Btrfs et du vieux matériel

De son côté, la fondation AlmaLinux continue de se distinguer par des choix techniques audacieux qui s’écartent parfois du dogme Red Hat pour servir la communauté. La grosse nouveauté de cette version 10.1, c’est le support officiel du système de fichiers Btrfs.

Alors que RHEL a abandonné Btrfs il y a plusieurs années, AlmaLinux le réintègre pleinement, tant au niveau du noyau que de l’espace utilisateur. Il est même possible d’installer l’OS directement sur une partition Btrfs. C’est un argument de poids pour les DSI qui ont besoin des fonctionnalités avancées de ce système (snapshots, compression) sans vouloir changer de famille d’OS.

AlmaLinux soigne aussi la compatibilité matérielle. La distribution réactive le support du protocole d’affichage SPICE (souvent délaissé ailleurs) et continue de supporter les processeurs x86_64_v2. Cela garantit que des serveurs un peu plus anciens, qui ne supportent pas les jeux d’instructions les plus récents exigés par la version upstream, peuvent continuer à tourner sous un OS moderne et sécurisé.

Un socle commun de développement

Bien entendu, les deux distributions partagent le même cœur mis à jour, aligné sur RHEL 10.1. Les développeurs y trouveront les dernières piles logicielles :

  • Langages : .NET 10, Node.js 24, OpenJDK 25.

  • Compilateurs : GCC 15, LLVM 20, Rust 1.88.

  • Bases de données : Valkey 8 (le fork libre de Redis).

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