Sous la houlette d’Automattic, Beeper opère un retour remarqué avec une refonte complète de son architecture et l’introduction d’un modèle freemium modernisé. L’application de messagerie universelle, qui promet de réunir WhatsApp, Instagram, Signal, iMessage et bien d’autres dans une seule interface, mise désormais sur la sécurité locale et un socle open source solide.
La grande nouveauté ? Une architecture entièrement repensée, sans passage par les serveurs Beeper Cloud. Les messages sont chiffrés de bout en bout directement sur l’appareil, et les données sensibles — clés, contacts — ne quittent plus votre téléphone. Pour les utilisateurs avancés, il est même possible d’auto-héberger les passerelles entre services, avec un chiffrement supplémentaire via Matrix, le protocole open source qui sert de colonne vertébrale à Beeper.
Côté modèle économique, Beeper introduit un abonnement payant baptisé Beeper Plus, à 9,99 € par mois. Il permet de connecter plus de comptes, de programmer des messages, d’activer un mode incognito ou encore de transcrire les notes vocales grâce à l’IA. Pour les plus gros utilisateurs, l’offre Beeper Plus Plus, à 49,99 €/mois, donne accès à un nombre illimité de comptes. Les tout premiers utilisateurs payants bénéficieront, eux, des fonctionnalités premium à vie.
Même si l’application mobile et desktop reste propriétaire, Beeper conserve un ancrage fort dans l’open source. Les passerelles vers les réseaux comme Telegram ou WhatsApp sont publiées sur GitHub et peuvent être auto-hébergées. L’ensemble repose sur Matrix, standard décentralisé soutenu par Automattic, qui voit dans cette relance un moyen de promouvoir un web plus interopérable.
Acquis pour 107 millions d’euros en 2024, Beeper s’inscrit dans la stratégie d’expansion d’Automattic dans la messagerie. Son retour en force intervient alors que les débats sur l’ouverture des plateformes, la souveraineté numérique et l’accès aux services comme iMessage sont plus vifs que jamais.

