Anthropic vient d’inventer, bien malgré elle, un nouveau modèle de distribution : l’Open Source involontaire. Pour la deuxième fois en un peu plus d’un an, la pépite de l’IA a accidentellement diffusé l’intégralité du code source de son assistant de terminal, Claude Code, via le registre npm. Une bévue technique qui offre aux curieux et aux concurrents les plans détaillés d’un outil pourtant jalousement gardé.
Anthropic invente l’Open Source par accident (Saison 2). On vous dit tout !
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La gaffe à 60 mégaoctets : quand le « source map » parle trop
L’incident, révélé le 31 mars 2026 par le chercheur en sécurité Chaofan Shou, provient d’une erreur de packaging dans la version 2.1.88 du paquet @anthropic-ai/claude-code. L’inclusion par inadvertance d’un fichier de « source map » de 60 Mo (cli.js.map) a permis de reconstituer le code original en TypeScript à partir de la version comprimée.
— Chaofan Shou (@Fried_rice) March 31, 2026
Le résultat est massif : environ 1 900 fichiers et plus de 512 000 lignes de code se sont retrouvés dans la nature. En quelques heures, le code a été dupliqué sur des dépôts GitHub publics, accumulant instantanément plus de 1 100 étoiles. C’est un véritable camouflet pour Anthropic qui, après un incident similaire en février 2025, semble peiner à sécuriser sa chaîne de déploiement technique malgré 363 versions publiées entre-temps.
Architecture et secrets industriels : l’autopsie d’une fuite massive
Cette exposition involontaire agit comme une radiographie complète de la stratégie d’Anthropic. Le code révélé détaille l’architecture interne de l’outil, incluant les systèmes de télémétrie, les protocoles de communication et, surtout, des fonctionnalités expérimentales encore non annoncées. Les chercheurs ont notamment pu identifier les bases d’un système multi-agents au nom de code « Swarms », documenté par la communauté deux semaines avant son officialisation en février dernier. Plus qu’une simple erreur de script, cette fuite offre un aperçu des mécanismes de sécurité et de la feuille de route produit de l’entreprise.
Le paradoxe est d’autant plus frappant que l’entreprise durcit le ton sur le plan juridique. Alors qu’elle ne parvient pas à verrouiller techniquement son code, Anthropic multiplie les actions en justice contre les tiers, comme le projet OpenCode, accusés d’exploiter ses API internes. Si la valeur fondamentale d’Anthropic reste ses modèles de langage hébergés sur serveurs, cette « ouverture » forcée du client Claude Code fragilise sa position de leader fermé. Elle transforme, de fait, un outil propriétaire en un projet Open Source communautaire dont le contrôle échappe désormais aux mains de ses créateurs.
