Databricks, né dans les laboratoires de Berkeley autour du moteur open source Apache Spark, vient de franchir une étape symbolique. L’entreprise californienne a levé un milliard de dollars (soit environ 920 millions d’euros), portant sa valorisation à 100 milliards d’euros. Un chiffre qui la place parmi les sociétés privées les plus valorisées au monde, tout en rappelant qu’une stratégie construite sur l’open source peut rivaliser avec les plus grands acteurs propriétaires.
Depuis sa création, Databricks s’est imposé comme un champion de l’open source dans le domaine de la donnée. Outre Spark, la société a ouvert et soutenu Delta Lake (pour la gestion des données massives) et MLflow (pour l’orchestration des modèles de machine learning). Ces briques logicielles, adoptées par des milliers d’entreprises dans le monde, constituent le socle du Lakehouse, la plateforme unifiée de gestion des données et de l’IA développée par Databricks. Cette nouvelle levée de fonds vient confirmer la pertinence de cette stratégie : bâtir sur l’open source, puis offrir une version managée, intégrée et optimisée pour les entreprises.
Ce succès financier ne repose pas uniquement sur Spark et Delta Lake. Depuis deux ans, Databricks accélère sur l’IA générative et l’automatisation par agents. En juin dernier, l’entreprise a lancé Agent Bricks, une plateforme conçue pour créer des agents d’IA capables d’interagir avec les données organisationnelles. Parallèlement, Lakehouse AI entend démocratiser l’usage de modèles ouverts et propriétaires dans un cadre sécurisé et conforme aux besoins des grandes entreprises.
Le PDG Ali Ghodsi résume ainsi l’ampleur de la transformation : « Il y a un an, 30 % des bases de données étaient créées par des agents d’IA. Aujourd’hui, ce chiffre atteint 80 %. » Cette mutation structurelle explique pourquoi Databricks s’attaque désormais à un marché dominé historiquement par Oracle : celui des bases de données transactionnelles et analytiques, désormais réinventées pour l’ère de l’IA.
Une trajectoire soutenue par la communauté open source
En s’appuyant sur son écosystème open source et sur une communauté de développeurs toujours active, Databricks a su bâtir une infrastructure qui attire aussi bien les géants du Fortune 500 que les startups. Plus de 20 000 organisations dans le monde utilisent aujourd’hui ses solutions. La levée d’un milliard d’euros s’accompagne d’une croissance impressionnante : un chiffre d’affaires annuel récurrent de 4 milliards d’euros, dont un quart issu des produits d’IA. La société a également annoncé un flux de trésorerie disponible positif et un taux de rétention supérieur à 140 %.
Si certains doutaient encore que l’open source puisse soutenir des modèles économiques à l’échelle des géants du cloud, Databricks vient d’apporter une démonstration éclatante. De Spark à Delta Lake, de MLflow à Lakehouse AI, le message est clair : l’innovation ouverte peut générer non seulement de la valeur technologique, mais aussi de la valeur économique.


