C’est Lucas Nussbaum, développeur Debian actif notamment dans les activités d’assurance qualité, qui a fait une revue des outils utilisés et cité quelques chiffres intéressants. À noter que quelques jours après cette conférence, Lucas a été élu Debian Project Leader, félicitations !
Environ un millier de personnes ont officiellement le statut de “Debian Developer” (DD), qui octroie le droit d’envoyer directement les paquets dans l’archive. Ce chiffre n’inclut pas le statut intermédiaire de “Debian Maintainer” qui a été attribué à deux fois plus de contributeurs. Debian a la particularité d’avoir un lien étroit entre mainteneur et paquet. Chacun des quelques 18000 paquets est géré par une personne ou une équipe de personnes spécialiste du sujet.
En parallèle de tous ces mainteneurs ayant à charge leurs paquets, une équipe d’assurance qualité a pour mission d’une part de s’occuper des paquets plus ou moins à l’abandon, d’effectuer des tâches à l’échelle du projet comme les reconstructions régulières de tous les paquets, et d’autre part de maintenir les différents outils mis à disposition des développeurs.
Parmi ces outils on trouve Debcheck (analyse statique de résolution des dépendances), Piuparts (test d’installation, mise à jour et suppression), Lintian (analyse statique des paquets permettant de détecter des anomalies connues). Ceux-ci sont utilisables directement par les développeurs mais l’équipe de QA maintient également les infrastructures faisant fonctionner ces outils en continu sur toute l’archive Debian.
DEHS (Debian External Health Status) permet, pour chaque paquet qui indique où trouver les sources amont du logiciel, de vérifier si de nouvelles versions du logiciel sont disponibles par rapport à la version actuellement empaquetée dans Debian. Distro Recipes regroupant des représentants de plusieurs distributions, la question de la possibilité de mutualiser cet outil s’est posée. En effet, celui-ci étant relativement agnostique de la distribution, la mutualisation devrait être réalisable.
Pour les contributeurs Debian, les sources d’informations sont donc multiples, et des outils ont été créés pour fournir une vue centrale :
* Pour un mainteneur : DDPO (Debian Developer Packages Overview)
* Pour un paquet : PTS (Package Tracking System)
Il existe également packages.debian.org, qui peut se révéler très utile aussi pour les utilisateurs.
Outre leur affichage, s’est posée la question du croisement de ces données afin de les rendre exploitables plus facilement. C’est de ce besoin qu’est né UDD (Ultimate Debian Database). Il s’agit d’une base de données relationnelle regroupant nombre d’informations issues de multiples sources. L’intérêt de centraliser ces données dans une base relationnelle est qu’il devient très facile d’effectuer tout type de requêtes à propos de Debian.
Enfin, Lucas a montré quelques chiffres et tendances intéressants (extraits d’UDD) à propos des méthodes de développement utilisées au sein de Debian. La co-maintenance de paquets et l’utilisation des VCS sont en progression continue. Petit à petit, Debian fait évoluer ses habitudes vers un système plus collaboratif, et on ne peut que s’en réjouir!
– Adrien