Lancement de l’EuroStack Foundation : ce qu’il faut savoir

L’initiative européenne EuroStack, née d’un mouvement de dirigeants et d’entreprises tech engagés pour la souveraineté numérique, franchit une nouvelle étape : la création officielle de l’EuroStack Initiative Foundation, une organisation à but non lucratif chargée de coordonner les efforts industriels autour d’un objectif commun — construire une infrastructure numérique européenne, indépendante et interopérable .

Cette fondation, soutenue par des figures clés de l’écosystème technologique européen comme Frank Karlitschek (Nextcloud), Wolfgang Oels (Ecosia), Andy Yen (Proton), Yann Lechelle (Probabl) ou encore Fred Plais (Upsun), se donne pour mission de faire passer l’Europe de la réflexion à l’action concrète. Son travail s’articulera autour de trois piliers : acheter européen, vendre européen et financer européen.

L’objectif affiché est clair : réduire la dépendance aux grands fournisseurs extra-européens et bâtir un “stack” (pile) technologique souverain, capable de soutenir les besoins des gouvernements, entreprises et citoyens européens. L’initiative se veut complémentaire aux politiques publiques, en s’appuyant sur des projets open source existants et sur un engagement fort du secteur privé.

L’EuroStack Foundation servira de point de convergence pour coordonner l’intégration technique des solutions européennes, harmoniser les standards d’interopérabilité et encourager la transparence dans la définition de ce que signifie réellement « technologie souveraine ». Elle cherchera également à faciliter les investissements privés et publics dans les technologies européennes, afin de combler l’écart entre les ambitions politiques et la réalité opérationnelle du marché.

Nextcloud aux premières loges de la fondation

Frank Karlitschek, fondateur et PDG de Nextcloud, fait partie des membres fondateurs de l’EuroStack Foundation. Il résume ainsi l’esprit de la démarche :

« L’avenir numérique de l’Europe ne peut pas dépendre de la bonne volonté de fournisseurs étrangers. Nous devons réduire nos dépendances, renforcer notre souveraineté et mobiliser les investissements publics comme levier stratégique. Seule une collaboration entre acteurs publics et privés, fondée sur des technologies ouvertes, permettra à l’Europe de rester maîtresse de son destin numérique. »

La fondation sera officiellement présentée lors du Sommet franco-allemand sur la souveraineté numérique européenne, prévu le 18 novembre à Berlin, où elle organisera un événement parallèle intitulé A Technologically Resilient Europe: the EuroStack. Celui-ci marquera le coup d’envoi d’une coopération plus étroite entre industriels, chercheurs et institutions autour de la souveraineté technologique.

En rassemblant un large éventail d’acteurs du numérique européen — de l’hébergement à la cybersécurité, en passant par les outils collaboratifs —, l’EuroStack Foundation entend passer d’un discours défensif sur la souveraineté numérique à une stratégie de construction concrète et coordonnée.

Retour en haut