Le 3 janvier n’est jamais une date anodine dans l’univers crypto. Pour célébrer le 17e anniversaire du bloc de genèse de Bitcoin, le développeur Fedi a officiellement publié l’intégralité de sa pile logicielle en open source. Cette transition, promise dès le lancement de l’entreprise en 2024, marque la fin d’une période de licence commerciale intermédiaire et le début d’une ère de transparence totale pour cette « super application » communautaire.
En déposant son code sur GitHub, Fedi a choisi la licence AGPL (Affero General Public License). Ce choix est stratégique : il s’agit d’une licence « copyleft » qui impose que toute amélioration ou œuvre dérivée reste publique, même si le logiciel est utilisé dans le cadre de services hébergés sur le cloud.
Pour Obi Nwosu, PDG et cofondateur de Fedi, cette étape est cruciale pour protéger les utilisateurs. « Les communautés qui utilisent Fedi pour construire leur propre infrastructure économique et sociale méritent un logiciel qui les protège de l’enfermement propriétaire », souligne l’entreprise. En devenant open source, Fedi élimine le risque de « vendor lock-in », garantissant que les familles, coopératives ou ONG gardent le contrôle total de leurs outils, même si la société mère venait à disparaître.
Fedimint : la garde partagée au service des communautés
Fedi se distingue par son utilisation du protocole Fedimint. Contrairement aux applications classiques qui reposent sur des plateformes d’échange centralisées, Fedi permet aux groupes d’opérer une garde partagée de leurs Bitcoins.
Le système repose sur des membres de confiance, appelés « gardiens », qui gèrent ensemble la trésorerie de la communauté. Cette structure répartit la responsabilité et renforce la confidentialité grâce à la technologie de monnaie électronique chaumienne, rendant les transactions internes à la fédération virtuellement invisibles pour les observateurs extérieurs.
Le choix du 3 janvier pour cette libération logicielle est un hommage direct à Satoshi Nakamoto. C’est ce jour-là, en 2009, que le créateur du Bitcoin minait le premier bloc, y inscrivant le célèbre titre du Times sur le sauvetage des banques.
Avec cette mise à disposition gratuite et libre de ses outils (messagerie chiffrée, paiements Bitcoin, extensions modulaires), Fedi rejoint le cercle restreint des projets « Bitcoin-native » qui placent la technologie de liberté au-dessus des intérêts commerciaux fermés. Pour les développeurs du monde entier, le code est désormais prêt pour l’inspection, la contribution et, surtout, l’appropriation locale.

