Avec la version bêta de Firefox 138, Mozilla expérimente une nouvelle fonction intelligente dans son navigateur Firefox : l’aperçu de liens par intelligence artificielle, sans dépendre du cloud. Disponible via Firefox Labs 138, cette fonctionnalité facultative affiche un résumé d’un lien avant même de l’ouvrir, en toute confidentialité.
Lorsque cette fonction est activée, un simple Shift + Alt (pour Linux et Windows, mais Option sur macOS) sur un lien affiche une carte de prévisualisation : titre, image, temps de lecture estimé et trois points-clés générés localement. L’IA utilisée tourne en local, directement sur l’appareil de l’utilisateur, grâce à wllama (une implémentation WebAssembly de llama.cpp) et au modèle SmolLM2-360M de HuggingFace. Bref, une fois encore, l’open source est là ! Aucune donnée n’est envoyée à des serveurs distants, garantissant une protection maximale de la vie privée.
Firefox exploite également sa technologie Reader View pour extraire le contenu principal d’un article et en déduire le temps de lecture ainsi que les points essentiels. Le chargement est rapide : le premier point clé apparaît en général en moins de 4 secondes.
Comment ça marche ?
Le navigateur envoie une requête HTTPS sans identifiants pour récupérer le HTML du lien, sans exécuter de scripts. L’aperçu est ensuite généré à partir des métadonnées (Open Graph, etc.) et du contenu structuré de la page. Firefox ajoute un en-tête HTTP spécifique (x-firefox-ai) pour permettre aux éditeurs web de contrôler ce que l’IA peut prévisualiser.
Mozilla envisage différentes options d’affichage pour cette carte : flottante, intégrée à la page ou même comme espace persistant permettant de comparer plusieurs liens avant de décider lequel ouvrir.
Une IA vraiment utile… et respectueuse
Contrairement à d’autres services reposant sur des modèles distants, Firefox mise ici sur un fonctionnement entièrement local sur base de solutions open source. Cela évite toute fuite de données personnelles ou historique de navigation. Pour le moment, les heuristiques sont surtout efficaces en anglais, mais la communauté a commencé à tester d’autres langues, dont le français. Cette expérimentation s’inscrit dans une volonté plus large de Mozilla d’explorer des usages utiles de l’IA, respectueux des utilisateurs, loin des modèles commerciaux intrusifs.

