Comme chaque année au cœur de l’hiver, la capitale belge s’apprête à devenir l’épicentre mondial des technologies ouvertes tout ce week-end. Le FOSDEM 2026 se tiendra le samedi 31 janvier et le dimanche 1er février sur le campus du Solbosch de l’ULB à Bruxelles. Cet événement monumental, resté fidèle à sa gratuité et à son esprit bénévole, s’annonce particulièrement dense avec plus de 1000 intervenants répartis dans 32 salles pour près de 970 conférences et ateliers.
Pour ceux qui ne peuvent faire le déplacement, l’organisation assure comme à son habitude une diffusion en direct de l’intégralité des flux vidéo, permettant de suivre les échanges depuis n’importe où sur Terre.
Bon à savoir : une grève frappe les transports en commun en Belgique cette semaine, mais elle ne devrait pas perturber l’événement ce samedi et ce dimanche. Le préavis de grève prend fin vendredi soir.
Un programme marqué par la fin d’une époque et l’arrivée de /dev/random
L’édition 2026 marque un tournant historique avec la disparition, après 25 ans d’existence, du format traditionnel des « Lightning Talks » tel qu’on le connaissait. Pour éviter toute confusion et insuffler une nouvelle dynamique, la salle dédiée a été renommée /dev/random. Ce nom, bien connu des administrateurs système, accueillera des présentations de 15 minutes sur des sujets variés et parfois insolites liés au monde du libre. Parallèlement, un tout nouveau format de « Lightning Talks » ultra-courts fait son apparition dans le grand auditorium Janson : des interventions de seulement 5 minutes destinées à présenter un concept ou un projet de manière extrêmement percutante.
Le cœur de l’événement reste structuré autour de 70 tracks thématiques et des célèbres « Developer Rooms ». Parmi les stands acceptés cette année, on retrouve des piliers de l’écosystème comme BSD, Free BSD, Eclipse, Gentoo, GNOME, LibreOffice, Linagora ou encore Rocky Linux. La présence massive du matériel libre avec RISC-V confirme également la tendance d’une ouverture qui dépasse désormais largement le cadre du simple logiciel pour s’étendre aux couches basses de l’informatique.
Pour s’y retrouver dans cette programmation titanesque, les participants peuvent compter sur une application web compagnon particulièrement efficace, disponible à l’adresse fosdem.sojourner.rocks/2026. Utilisable sur ordinateur et installable sur mobile en tant que PWA, cet outil s’enrichit cette année de nouvelles fonctionnalités précieuses, comme l’affichage des biographies détaillées des intervenants et la possibilité d’exporter ses favoris. C’est l’allié idéal pour planifier son parcours personnalisé à travers les 900 événements annoncés et ne rien manquer des sessions qui vous tiennent à cœur.
Des keynotes entre géopolitique, sécurité et santé mentale
Les sessions plénières dans l’auditorium Janson donneront le ton de cette édition avec des thématiques très actuelles. Le samedi débutera par une réflexion profonde de Michiel Leenaars sur la place du logiciel libre en temps de guerre, de pénurie et face à l’émergence des intelligences artificielles adverses. Le dimanche matin, Marga Manterola abordera un sujet souvent tabou dans les communautés de développeurs : le coût humain de l’open source et le risque d’épuisement professionnel (burn-out). Enfin, c’est Daniel Stenberg, le créateur de curl, qui clôturera l’événement en explorant les défis de la sécurité informatique à l’heure de l’IA.
Le FOSDEM édition 2026 n’oublie pas la relève avec le retour du FOSDEM Junior. En collaboration avec Code Club et CoderDojo, des ateliers spécifiques permettront aux jeunes de 7 à 17 ans de s’initier à la programmation de microcontrôleurs, au développement de jeux vidéo ou encore à la robotique avec Raspberry Pi. Pour que toute cette mécanique fonctionne, l’organisation lance également un appel aux bénévoles, car le FOSDEM reste une prouesse humaine réalisée sans aucune compensation financière pour ses organisateurs, portée uniquement par la passion du partage.
Le programme détaillé et les horaires complets sont désormais consultables sur le site officiel du FOSDEM 2026.
Goodtech.info aux côtés de LINAGORA sur place
Sur place, n’oubliez pas de saluer la rédaction de Goodtech aux côtés de notre partenaire LINAGORA. Au programme :
- Benoit Tellier : Performance tests with Gatling IMAP (31/01 – 18h10)
- Benjamin Bellamy: Building Digital Sovereignty on the Fediverse (31/01 – 12h00)
- Benjamin Bellamy (et oui encore) : Podlibre: Podcast Audio Editing for the AI Age (01/02 – 12h40)
- Benjamin André : autour de la rémunération des contributeurs et des standards open face aux suites propriétaires, avec Samuel Paccoud
C’est quoi le FOSDEM ? Un peu d’histoire
Le FOSDEM (Free and Open Source Software Developers’ European Meeting) est aujourd’hui considéré comme le plus grand rassemblement de développeurs de logiciels libres en Europe. Mais avant de devenir cette « Mecque » de l’open source qui attire des milliers de passionnés, l’événement a connu des débuts modestes au cœur de la capitale belge.
Chaque année, durant le premier week-end de février, les couloirs de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) se transforment en un immense laboratoire à ciel ouvert.
De l’OBM au succès mondial
Tout commence en 2000, sous l’impulsion de Raphael Bauduin. À l’origine, l’événement s’appelait l’OBM (Open Source Developers’ European Meeting). L’objectif était simple et ambitieux : permettre aux développeurs de logiciels libres, qui ne se côtoyaient alors que par emails ou sur des forums, de se rencontrer physiquement pour échanger leurs idées.
Dès la deuxième année, avec l’appui de la communauté et l’ajout du « F » (pour Free) au sigle, le FOSDEM était né.
Un ADN resté intact
Malgré une croissance exponentielle, le FOSDEM a su préserver les piliers qui font sa force :
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La gratuité totale : aucun ticket d’entrée n’est requis, favorisant l’accessibilité pour tous.
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Le bénévolat : l’organisation repose entièrement sur une équipe de volontaires passionnés.
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L’esprit « No Corporate » : contrairement aux salons commerciaux, ici, ce sont les développeurs qui parlent aux développeurs. On y vient pour le code, pas pour le marketing.
