De notre envoyé spécial
Plus de 6.000 personnes ont assisté hier matin à la conférence annuelle des développeurs Google à San Francisco.
Google IO 2013 a démarré à l’heure. Il était 9h ici, 18h à Bruxelles. 6.000 personnes étaient ainsi réunies autour des deux piliers de l’entreprise désormais. D’un côté Android, pour le téléphone et les tablettes. De l’autre Chrome, le navigateur sans frontières d’OS (Linux, Windows, MacOSX, Android). Comme Apple déploie OSX sur les ordinateurs et iOS sur ses terminaux nomades, Google voit le futur dans ces deux éléments: Android sur mobile/tablette/objets connectés et Android sur n’importe quelle plateforme « desktop » classique.
Google veut se démarquer de son principal concurrent, Apple, en jouant sur l’universalité de ses produits. Ils doivent fonctionner sur n’importe quel appareil, quel que soit le système, quel que soit l’écran. Cela dit, aucune annonce n’a concerné BlackBerry 10 ou Windows Phone 8.
Des évolutions à tous les étages
Ce mercredi, nous avons eu droit à une énorme offensive de Google dans la musique, avec un concurrent de Spotify et Deezer sous la forme d’une offre de musique illimitée à 9,99 dollars par mois: Google Music. Une offre qui ne sera proposée qu’aux Etats-Unis dans un premier temps, pas en Europe. Elle est web et Android. Pas encore iOS.
Une nouvelle version du réseau Google+ a été lancée simultanément, visuellement beaucoup plus attrayante sous forme de cartes interactives, façon Google Now.
Google+ et le moteur de recherche se rapprochent de plus en plus. Désormais, ce fameux moteur de recherche obéit à des questions qu’on écrit ou qu’on pose à la voix, comme “Où puis-je manger un plateau d’huîtres dans la ville où je suis” ou encore “Retrouve mes photos de New York prises l’an dernier”. Qu’est-ce qui a changé? Ce que vous inscrivez sur le nuage. Dès que vous êtes connecté à votre compte, Google utilise vos emails, vos photos, votre musique, vos rendez-vous, pour affiner la recherche en fonction de la personne et non plus forcément du sujet. Particulièrement pratique, mais lourd de conséquences en matière de protection des données.
Une version complètement revisitée de Google Maps sera lancée l’été prochain. Les cartes sont désormais plus personnelles. Elles affichent les endroits où vous vivez, où vous vous rendez régulièrement, vos restaurants favoris, votre lieu de travail. Chaque carte est unique. Encore une fois, cela fonctionne de la même manière sur un ordinateur, un smartphone et une tablette, y compris sur l’iPhone et l’iPad, pas simplement Android. Tout cela grâce au compte Google, qui fait office de clé vers votre appartement virtuel.
Le format (libre et sans royalties) WebP proposait une compression de 30% par rapport au JPEG, avec la possibilité d’obtenir des images animées, façon GIF. Le format vidéo VP9 irait jusqu’à 63% de réduction par rapport au H.264. Il sera adopté cette année par Youtube, ce qui devrait mettre tout le monde d’accord.
Il faudrait également parler de la messagerie instantanée Hangout, d’Android Studio, des jeux en réseau…
Je vous renvoie à la plupart des publications technologiques du web pour cela. Ce site a bien résumé la liste des nouveautés.
Regarder le monde depuis son nuage
Ce qui était frappant hier, c’est que l’on n’a pas eu droit à une enième nouvelle version de tel ou tel système (Android, Chrome, ChromeOS). Non, on a plutôt senti que Google était à l’aube d’une formidable nouvelle ère, qui place la personne au centre de tout. Ce qu’elle fait. Ce qu’elle vit. Où elle va. D’où elle vient. Ce qu’elle pense. Ce qu’elle rêve. Ce qu’elle partage. Ou pas.
Après le smartphone, la tablette, l’ordinateur, demain ce seront les lunettes, les brassards de sport, nos pèse-personnes, ce seront les objets de notre quotidien qui seront animés et connectés à notre nuage.
Hier matin, dans la file qui nous menait vers la salle de conférence, une foule de journalistes et de salariés du groupe portaient déjà les Google Glasses, les lunettes connectées. Question: que fait la personne qui me regarde avec ses lunettes et à quelles données a-t-elle accès?
Rien n’est encore très clair à ce stade. A commencer par la réponse à cette question anodine – qui vaut aussi pour Microsoft, Facebook et tant d’autres -: pourra-t-on se déconnecter de son compte Google, demain? Google s’estime « cool » dans la gestion de nos données. Jusqu’à quel point?