Jusqu’à présent, l’utilisation d’assistants IA pour débusquer des failles de sécurité oscillait entre la curiosité de laboratoire et le script artisanal, souvent sujet aux hallucinations. Pour standardiser ces pratiques et armer les défenseurs avec les mêmes outils que les attaquants, la société de cybersécurité amsterdamoise Hadrian a annoncé la mise à disposition gratuite et en open source de OpenHack sous licence permissive MIT.
Ce projet, accessible directement sur le GitHub d’OpenHack, transpose la méthodologie interne de découverte de vulnérabilités de l’entreprise dans un outil accessible à l’ensemble de la communauté de la sécurité informatique.
Résoudre le double échec des IA de codage traditionnelles
L’intégration brute des LLM dans la révision de code se heurte généralement à deux écueils majeurs que l’architecture d’OpenHack s’efforce de corriger :
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Les prompts non ciblés : les requêtes trop globales qui demandent simplement à une IA de « trouver des bugs » produisent des résultats dilués, superficiels et peu fiables.
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L’auto-évaluation biaisée : dans la plupart des frameworks d’agents, l’entité artificielle qui identifie une faille potentielle est également celle qui décide si cette faille est réelle, éliminant tout esprit critique.
Pour contourner ces limites, OpenHack introduit une architecture segmentée en « machine à états » articulée autour de fichiers plats transparents. Le workflow s’appuie sur un découpage strict des tâches : un premier agent de reconnaissance (recon) cartographie les surfaces d’attaque, un agent de routage transforme ces éléments en scénarios d’exclusion précis, des agents experts valident ou rejettent chaque scénario, et enfin, un agent de triage totalement indépendant évalue les candidats retenus avant de matérialiser les vulnérabilités finales.
Des centaines de vulnérabilités découvertes en quelques heures
L’efficacité de cette approche par scénarios a été éprouvée à grande échelle par l’équipe de recherche d’Hadrian. En déployant une déclinaison avancée d’OpenHack sur une douzaine d’applications open source activement exploitées par des agences gouvernementales néerlandaises, le framework a mis en évidence des centaines de vulnérabilités en l’espace de quelques heures seulement. Parmi les trouvailles figurait notamment une faille de sévérité critique exposant les identifiants d’un serveur et permettant de compromettre l’accès à une base de données Azure sous-jacente.
Comme le souligne Rogier Fischer, co-fondateur et PDG d’Hadrian dans l’annonce officielle d’OpenHack, l’objectif est de fournir une infrastructure robuste de niveau entreprise aux équipes défensives (Blue Teams) pour leur éviter de reconstruire des pipelines complexes à tâtons et sous pression, alors que les attaquants exploitent déjà ces méthodologies automatisées.
Une intégration agnostique dans les outils
Entièrement développé en Python (nécessitant la version 3.9 ou supérieure), OpenHack a été conçu comme un orchestrateur de flux de travail. Il s’intègre de manière agnostique au sein des environnements et harnais d’exécution IA existants du marché, à l’image de Claude Code (Anthropic), Cursor ou Codex. L’environnement de développement fournit l’accès au terminal et la validation humaine à chaque transition de phase, tandis qu’OpenHack maintient l’état durable et l’arbre des preuves.
L’outil est livré avec une suite complète d’outils en ligne de commande (CLI), des invites d’experts préconfigurées (couvrant notamment les injections de code et les défauts de contrôle d’accès) ainsi que des modules d’enrichissement de contexte s’appuyant sur des règles Semgrep.
