Indisponibilité du logiciel de comptabilité Chorus, le sous-traitant coupable ?

Toujours selon l’agence :

Cet incident exceptionnel a été provoqué par une erreur dans l’intervention d’un sous-traitant de Bull, qui a entraîné une réaction en chaîne et notamment le déclenchement du système anti-incendie dans la salle de production où étaient hébergés les serveurs

Que peut-on lire au travers de ce qui aurait pu passer pour un “fait divers” si les conséquences n’en avaient pas été aussi visibles ?

Tout d’abord que les systèmes d’informations des grandes entreprises restent complexes. Si leur fonctionnement est en général bien maîtrisé les conditions dans lequel ses systèmes sont hébergés, reste également critique. Un bon logiciel dans un mauvais datacenter connaîtra hélas des pannes. Comme quoi il ne faut négliger aucune brique.

Ce qui m’interpelle ici c’est la nature du coupable. Un homme en l’occurrence. On nous dit même qu’il s’agit d’un sous-traitant de la société détenant le contrat d’exploitation de l’infrastructure. Le recours à la sous-traitance dans ce type d’industrie est courant. Il en va de même dans tous les milieux fortement “industrialisés”.

Que sait-on sur ce sous-traitant ? Un intérimaire intervenant pour la première fois sur ce site ? Avait-il eu accès et surtout le temps de lire toute la documentation ? A combien d’interventions en était-il au moment où il a commis l”erreur” ?

Quand on cherche des chiffres sur le recours à la sous-traitance, on ne trouve guère d’informations précises. Tout au plus un article datant de 2005 et dénonçant déjà à l’époque les travers du recours à la sous-traitance. N’hésitez pas à laisser en commentaire les informations que vous auriez sur le sujet ou des exemples “vécus”.

Au final que reste-t-il de tout cela ? Juste la faute à un être humain qui a appuyé sur un mauvais bouton ? Où va-ton découvrir (et nous n’en saurons rien) une cascade de transfert de compétences qui aboutissent à ce fracassant incident ?

Toujours est-il que le sous-traitant est bien souvent celui qui doit assumer les responsabilités pour que quelqu’un au-dessus de lui puisse améliorer sa marge. A-t-il le choix le sous-traitant ? Souvent non, c’est ça ou rien. L’être humain disparaît dans une simple relation “client/fournisseur” guidée par la maximisation des profits. Le gros se défausse du risque sur le petit qui ne peut que l’assumer. Ainsi va le business. Quand à l’humanité, elle attendra.

Tout ça, ce n’est que supputation gratuite évidemment. Mais souvent j’aime bien à penser qu’il n’y a pas de fumée sans feu.

– Philippe SCOFFONI

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