Dans un article intitulé « The web just gets better with Interop 2024 », l’équipe WebKit se félicite des avancées réalisées l’an passé en matière d’interopérabilité entre les principaux navigateurs web (Chrome/Edge, Firefox et Safari). Si le projet Interop a déjà prouvé son efficacité dans les précédentes éditions, la version 2024 consacre encore davantage la collaboration entre les différents éditeurs. De quoi s’agit-il exactement ? Et qu’en est-il de la suite, notamment l’édition 2025 ?
Vous trouverez plus de détails sur Interop 2024 dans notre article précédent publié en février 2024, où nous expliquions déjà le principe de cette initiative, qui existe depuis 2022.
C’est quoi Interop ?
Le projet Interop (parfois appelé Interop 202x selon l’année) est un effort conjoint porté par les principaux éditeurs de navigateurs (Apple, Google, Microsoft, Mozilla, etc.) et des acteurs du Web (Bocoup, Igalia…). L’idée est de se fixer chaque année une série de priorités techniques – des spécifications du W3C, des API Web, des fonctionnalités CSS, JavaScript, HTML, etc. – jugées essentielles pour les développeurs, mais pas toujours implémentées de façon homogène.
Grâce à une large batterie de tests automatisés (Web Platform Tests, WPT), les équipes évaluent la conformité de chaque moteur de rendu (WebKit, Blink, Gecko, etc.) sur les zones identifiées comme critiques. Les écarts de compatibilité détectés sont corrigés tout au long de l’année, afin de renforcer la fiabilité et la cohérence du web sur toutes les plateformes.
Le succès d’Interop 2022 avait déjà permis de régler ou d’améliorer sensiblement des points bloquants autour du CSS, des événements Pointer/Mouse, des polices de couleur, de l’accessibilité ou encore des modules JavaScript. En 2023, les résultats ont été plus probants encore, avec un taux de réussite avoisinant 95 % sur certains axes testés, contre 48 % au tout début de l’année.
Interop 2024 : quelles avancées ?
Pour l’édition 2024, les éditeurs ont retenu 16 « focus areas », regroupées en 17 catégories. Parmi elles, certaines sont issues de l’édition précédente mais nécessitent encore du travail (Custom Properties, Pointer/Mouse Events, Layout, URL), tandis que d’autres sont entièrement nouvelles. L’interopérabilité est un très bonb cru : certaines fonctionnalités, apparues il y a des années (ou au contraire très récentes), atteignent un niveau de compatibilité élevé à travers tous les moteurs.

En 2024, Interop a inclus pour la première fois Microsoft Edge comme navigateur à part entière, et s’est focalisé sur seize points jugés critiques pour l’interopérabilité. En début d’année, Chrome, Edge, Firefox et Safari n’atteignaient que 46 % de compatibilité sur ces aspects. Grâce au travail de Bocoup (spécialisé en accessibilité) et d’Igalia, la convergence s’est nettement accrue, pour culminer à 95 % en décembre, dépassant ainsi les précédentes éditions d’Interop (généralement autour de 83–87 %).
Le niveau de compatibilité entre navigateurs est désormais très proche : Chrome 131, Edge 131, Firefox 133 et Safari 18.2 affichent des taux compris entre 97 % et 98 %, tandis que la Safari Technology Preview la plus récente (STP 211) grimpe à 99 %.

Interop 2025 ? Évidemment !
Forte de ces résultats, la communauté prépare déjà la prochaine étape : Interop 2025. Chaque cycle annuel s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue : la liste des priorités est réévaluée, de nouveaux axes sont proposés par les développeurs et les designers, et des sujets antérieurs peuvent être reconduits tant que la parité d’implémentation n’est pas parfaite.
L’essor de nouvelles approches, comme le Mobile Testing (tests sur OS mobiles) ou l’accessibilité plus poussée, promet des chantiers à long terme pour Interop 2025. Cette collaboration ouverte, pilotée en grande partie par la communauté et les éditeurs, témoigne de l’envie partagée de construire un Web unifié où les mêmes standards fonctionnent partout, sur tous types d’appareils.

