Coup d’arrêt brutal pour l’alternative à Chromium ! Kagi annonce l’abandon officiel de son navigateur Orion sur Linux et Windows. Trop lourd à porter pour une petite équipe indépendante, le projet va être libéré en open source. Tous les détails sur ce revirement
L’ambition de briser le duopole des moteurs de rendu sur les ordinateurs de bureau vient de heurter le mur des réalités financières. Dans un message d’adieu publié ce week-end sous le titre An Update on Orion for Linux and Windows, l’entreprise derrière le moteur de recherche payant et sans publicité officialise l’arrêt immédiat du développement de son navigateur Orion sur les environnements Linux et Windows. Lancée en version préliminaire au début de l’année 2026 avant d’atteindre le statut de bêta en août dernier, la déclinaison pour le système au manchot ne recevra plus aucun correctif de sécurité, contraignant les équipes à recommander ouvertement d’abandonner son utilisation quotidienne.
💡 C’est quoi Orion et l’écosystème Kagi ?
Fondé sur un modèle d’abonnement sans pistage publicitaire, Kagi développe un moteur de recherche alternatif ainsi qu’Orion, un navigateur web léger et respectueux de la vie privée. Contrairement à la quasi-totalité de la concurrence actuelle qui repose sur les fondations de Google Chromium, le logiciel exploite le moteur WebKit d’Apple tout en réussissant la prouesse d’intégrer simultanément les catalogues d’extensions de Chrome et de Firefox. Les versions stables restent pleinement maintenues et téléchargeables sur le portail Orion pour macOS et iOS.
Le piège d’un développement multiplateforme sans capital-risque ?
Le choix technique de porter WebKit en dehors du giron de Cupertino s’est transformé en gouffre d’ingénierie logicielle pour une structure de taille modeste. Financée exclusivement par les cotisations des utilisateurs de son moteur de recherche et dépourvue du soutien financier de fonds de capital-risque, la société ne dispose que d’une poignée de développeurs pour maintenir des bases de code profondément divergentes. Face à la charge colossale que représente la maintenance d’une pile web moderne, la direction a tranché en faveur d’un repli stratégique intégral sur l’environnement Apple.
La version Windows promise pour la fin de l’année se voit purement et simplement annulée avant même sa première livraison publique. Pour éviter de voir ces mois de labeur finir au panier, l’entreprise promet de publier l’intégralité du code source des deux moutures sous licence libre d’ici trente jours. Des discussions exploratoires ont d’ores et déjà été engagées avec plusieurs fondations du monde libre pour tenter de trouver un repreneur capable d’assurer la gouvernance des dépôts.
Et maintenant ?
Ce sabordage partiel éclaire d’un jour nouveau les ambiguïtés historiques du projet. Longtemps critiqué par les libristes pour son statut de logiciel propriétaire gratuit alors qu’il vantait l’indépendance du web, Orion ne s’ouvre aujourd’hui à l’open source que sur les plateformes dont l’éditeur se débarrasse. La survie d’une version WebKit viable sur les postes de travail Linux dépendra désormais exclusivement de la volonté de la communauté d’adopter ou non un code orphelin que ses propres concepteurs ont jugé trop coûteux à pérenniser.
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