L’extension Kaito Pulse publie son code sur GitHub après un scandale de vie privée sur X, mais utilise pour ce faire une licence propriétaire assez restrictive. On vous explique ce rétropédalage en demi-teinte.
Accusée d’aspirer en douce les empreintes matérielles de ses utilisateurs, la société Kaito AI a dû réagir en urgence face à la fronde des spécialistes de la sécurité. Quelques jours seulement après le lancement de son extension de navigateur Kaito Pulse, l’entreprise a publié le code source de l’outil sur son dépôt GitHub Kaito Pulse. Mais derrière l’annonce d’ouverture formulée dans une publication sur X, la réalité juridique s’avère bien plus nuancée.
Kaito Pulse is now open source.
Pulse lets you bring your internet activity to the native X timeline – what you build, trade, and create – while staying in control of your data.
Credit to @0x_ultra, who helped us review this latest version and contributed to the release.
As… pic.twitter.com/jUZ7yoOkpu
— Kaito AI 🌊 (@KaitoAI) August 21, 2026
Les révélations qui ont mis le feu aux poudres
À l’origine, le service promettait d’enrichir l’interface du réseau social X en y superposant des preuves cryptographiques (Zero-Knowledge TLS) attestant de positions de trading réelles sur des plateformes comme Polymarket ou Hyperliquid. Le problème est survenu lorsqu’un analyste indépendant a disséqué le comportement de l’extension. L’examen révélait la présence de techniques très agressives de fingerprinting : identification de l’appareil via le rendu de la carte graphique (GPU), collecte des modèles matériels, tests audio et enregistrement détaillé des habitudes de navigation sur X (durée de défilement, clics, recherches et favoris), avec un envoi de données toutes les 30 secondes.
Face à ces découvertes, le fondateur Yu Hu s’est défendu en affirmant que cette collecte d’identifiants uniques visait exclusivement la lutte contre le spam et les attaques Sybil (fraude aux clics). Pour apaiser la polémique, la startup s’est engagée à rendre le code auditable par tous, comme le martèle la FAQ officielle de Kaito qui qualifie désormais l’outil d’open source.
Une licence d’audit (assez) éloignée de l’open source
Pourtant, l’examen du fichier de licence joint au projet douche immédiatement les espoirs des défenseurs du logiciel libre. Malgré les déclarations de l’entreprise, Kaito Pulse n’est pas sous licence open source. L’éditeur applique en réalité une licence propriétaire d’audit limitée (Limited source-audit license). Si ce texte autorise l’inspection du code, la compilation locale et la recherche de failles de sécurité, il interdit formellement la redistribution du code, son déploiement commercial ou la création de produits dérivés. Seul le sous-ensemble primus-core relève d’une véritable licence libre (LGPL-3.0).
Ce rétropédalage vers un modèle simplement consultable (source-available), survenu en moins de 24 heures sous la pression populaire, illustre la vigilance accrue des utilisateurs face au traçage abusif. L’épisode intervient dans un calendrier particulièrement sensible pour la jeune pousse, qui orchestrait en parallèle le déblocage programmé de 32,6 millions de jetons KAITO.
Rappel utile : une simple présence sur GitHub ne suffit pas à faire d’un logiciel un projet open source.
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