Canonical n’est pas le seul éditeur à convoiter la voiture autonome et connectée. Red Hat franchit également une étape de plus dans la course à la certification ISO 26262 ASIL-B pour son système d’exploitation embarqué destiné aux véhicules connectés. L’éditeur de solutions open source vient d’annoncer l’obtention d’une certification de « mixte criticalité » au sein de son Red Hat In-Vehicle Operating System.
RHIVOS se concrétise ! L‘air de rien, cette annonce démontre la capacité de l’éditeur à faire cohabiter des applications critiques (jusqu’à l’Automotive Safety Integrity Level B) et des logiciels moins exigeants en matière de sûreté (Quality Management), le tout sur un seul système sur puce (SoC) et un seul noyau Linux.
Ce jalon technique valide le principe de “Freedom From Interference” (FFI) : en d’autres termes, la garantie qu’une défaillance potentielle dans une application moins critique ne viendra pas perturber le bon fonctionnement d’une application à haute criticité. Red Hat y est parvenu en collaborant avec l’organisme de certification exida, spécialisé dans l’analyse et la validation de systèmes répondant aux standards de sécurité fonctionnelle comme la norme ISO 26262.
De plus, le socle mathématique utilisé par le système embarqué de Red Hat a déjà reçu la certification ASIL-B. Cette reconnaissance conforte l’idée que Linux peut servir de plateforme fiable pour les prochaines générations de véhicules, alors que l’industrie automobile tend à migrer vers des architectures toujours plus logicielles (software-defined vehicles).
Une plateforme en route vers l’ASIL-B complet
L’objectif ultime de Red Hat est de proposer un système complet certifié ISO 26262 ASIL-B. Concrètement, cela signifie que les constructeurs automobiles pourront s’appuyer sur Red Hat In-Vehicle Operating System pour des applications nécessitant un niveau de sûreté essentiel — freinage, assistance à la conduite, etc. —, tout en y intégrant simultanément des services moins critiques, comme l’infodivertissement ou la navigation.

Depuis 2021, Red Hat s’est fortement engagé dans ce domaine, notamment via un partenariat stratégique avec General Motors pour accélérer la mise sur le marché de véhicules définis par logiciel. L’éditeur open source met en avant l’avantage de Linux : un large écosystème de contributeurs, permettant de faire évoluer rapidement la plateforme tout en maintenant une rigueur dans le développement liée aux exigences de l’industrie automobile.
Vers des voitures plus “open source” ?
Cette annonce illustre plus largement la tendance de fond : l’automobile adopte progressivement des technologies issues de l’open source pour concevoir ses futurs modèles. Le recours à un système d’exploitation Linux certifié ASIL-B faciliterait notamment l’intégration d’applications tierces, tout en garantissant un niveau de sûreté suffisant pour les fonctions essentielles de conduite.
Si la certification représente un tournant pour Red Hat, la prochaine étape sera la finalisation de la certification ISO 26262 ASIL-B de l’ensemble de la plateforme, prévue dans les mois à venir. À terme, les constructeurs pourront disposer d’une solution unique, modulaire et évolutive, pour concevoir les systèmes embarqués de la voiture connectée et autonome.

