Proton frappe un grand coup. L’entreprise « suisse » connue pour son engagement radical en faveur de la vie privée vient de lancer Lumo, un assistant IA conçu dès l’origine pour respecter les données de ses utilisateurs. Dans un contexte où la plupart des intelligences artificielles populaires — de ChatGPT à Gemini — fonctionnent sur des modèles fermés et basés aux États-Unis, Lumo revendique une toute autre philosophie : souveraineté, open source, et confidentialité dès la conception.
Contrairement aux grandes plateformes américaines ou chinoises, Proton ne collecte pas vos données, ne les revend pas et ne les utilise pas pour entraîner ses modèles. Les conversations ne sont ni stockées ni analysées, et chaque échange est chiffré de bout en bout grâce à l’infrastructure sécurisée déjà utilisée par Proton Mail ou Proton Drive. Autrement dit, vos requêtes ne peuvent être ni interceptées, ni lues, même par Proton. C’est ce que la marque appelle le zéro accès, une garantie forte que le blog officiel détaille point par point.
Une IA open source ancrée en Europe
Lumo est basé sur des modèles de langage open source, notamment OpenHands 32B de Nvidia et Mistral Nemo. Ces modèles tournent sur des serveurs situés dans des centres de données européens contrôlés par Proton, en dehors de toute juridiction américaine. Contrairement à Apple Intelligence, Gemini ou Claude, Lumo ne repose sur aucun partenariat opaque avec OpenAI, Google ou Anthropic. Tout est public, transparent, documenté — et pensé pour durer.
Le fonctionnement repose sur une architecture modulaire, avec une prise en charge de la recherche web, de l’analyse de fichiers et d’une intégration directe avec Proton Drive. Le mode Fantôme, activable à tout moment, permet d’effacer à la fermeture toutes les conversations — un vrai plus pour les utilisateurs qui traitent des documents juridiques, des dossiers de santé ou de simples messages personnels.

Trois offres, en toute confidentialité
Lumo est accessible à tous, même sans compte Proton, depuis lumo.proton.me. Il suffit de se rendre sur le site ou de télécharger l’application Android ou iOS pour démarrer une conversation. En mode invité, un quota hebdomadaire de requêtes est proposé gratuitement. Les utilisateurs de Proton bénéficient d’un accès étendu à l’historique chiffré sur tous leurs appareils. Pour ceux qui souhaitent des performances renforcées, l’offre Lumo Plus est disponible à 12,99 € par mois, ou 9,99 € par mois en souscrivant à l’année.
Un tarif bien plus abordable que ChatGPT Plus, Gemini Advanced ou Claude Pro, tous facturés environ 19,99 € par mois. Et surtout, aucune de ces offres premium concurrentes ne garantit un chiffrement intégral ni un fonctionnement en dehors des États-Unis.

Une IA pour l’Europe, pensée contre la surveillance
Avec ce lancement, Proton étend sa mission au-delà du mail et du cloud, en investissant dans une IA conforme aux exigences européennes, aussi bien sur le plan technique que juridique. Lumo devient le premier service de Proton à fonctionner principalement depuis l’Union européenne, dans le cadre d’un plan d’investissement de 100 millions d’euros visant à transférer une grande partie de l’infrastructure hors de Suisse, en réponse à un projet de législation sur la surveillance.
Andy Yen, le PDG de Proton, le résume ainsi : « L’IA ne doit pas devenir l’outil de surveillance le plus puissant du monde ». En d’autres termes, Lumo n’est pas seulement un assistant. C’est une déclaration politique et technique, une réponse directe aux dérives du capitalisme de surveillance que renforcent certains outils d’IA.
