Terminal Windows PowerShell exécutant la commande wslc avec PyTorch et environnement de bureau Ubuntu KDE affiché dans un navigateur.

Conteneurs Linux : comment Microsoft veut reconquérir les développeurs sous Windows 11

Développer des applications cloud-natives sous Windows 11 sans installer d’outil tiers, c’est la promesse de Microsoft avec WSL Containers. Intégrée à la version 2.9.3, la commande wslc.exe permet d’exécuter des conteneurs Linux en s’appuyant directement sur l’architecture système. La version de démonstration publique est disponible.

L’environnement de travail des développeurs cloud-natifs s’apprête à changer sous Windows 11. Lors de sa conférence Build 2026, Microsoft a levé le voile sur WSL Containers (ou WSLC), une mise à jour technologique majeure intégrée à la version 2.9.3 du sous-système Windows pour Linux. Avec le déploiement de cette nouvelle préversion publique, cette fonctionnalité permet d’exécuter, de concevoir et de gérer des conteneurs Linux de manière native, sans dépendre obligatoirement d’applications tierces comme Docker Desktop, Podman ou Rancher Desktop.

La commande wslc.exe au centre du jeu

La nouveauté la plus visible réside dans l’apparition d’un binaire officiel dans le terminal : wslc.exe (également accessible via son alias container.exe). Cet outil en ligne de commande reprend la syntaxe et les habitudes des développeurs pour manipuler des images et des conteneurs, tout en offrant une intégration profonde avec le matériel hôte. La commande prend notamment en charge le support des GPU (CUDA) dès le premier jour, une brique indispensable pour les ingénieurs qui exécutent des modèles d’intelligence artificielle ou des calculs intensifs en local.

Au-delà du terminal, Microsoft propose un package NuGet pour l’intégration d’une API native en C, C++ et C#. Comme l’indique la documentation technique de l’éditeur, les applications Windows peuvent désormais instancier et piloter des conteneurs Linux directement dans leur logique métier, facilitant l’intégration des étapes de build avec MSBuild ou CMake. Pour couper court aux rumeurs qui circulaient en ligne, le chef de produit Craig Loewen a clarifié la situation : il ne s’agit pas d’un supposé « WSL 3 », mais bien d’une couche applicative optimisée s’appuyant sur l’infrastructure existante de WSL 2.

Optimisations et intégration pour les entreprises

Pour propulser cette architecture, l’équipe d’ingénierie a intégré plusieurs améliorations de bas niveau qui profitent directement aux performances globales du système :

  • Le système de fichiers virtiofs : ce composant configuré par défaut pour les conteneurs multiplie par deux la vitesse d’accès aux fichiers Windows depuis l’environnement Linux.

  • Le mode réseau consomme : ce protocole expérimental fait transiter le trafic réseau Linux directement par les politiques de sécurité de Windows, résolvant les conflits classiques liés aux VPN et aux proxies d’entreprise.

  • La gestion dynamique de la mémoire : une technique optimisée de récupération (memory reclaim) restitue de manière constante la mémoire vive inutilisée à l’hôte Windows.

Cette approche native permet également à Microsoft de répondre aux exigences de sécurité des administrateurs système. La plateforme s’intègre nativement avec Microsoft Intune pour permettre aux équipes IT de restreindre les registres de conteneurs autorisés (allowlist) dans l’entreprise. De plus, le plugin Microsoft Defender for Endpoint (MDE) a été mis à jour pour surveiller les événements de sécurité au sein même des conteneurs. Prévue pour une disponibilité générale à l’automne 2026, cette brique technique transforme WSL en un véritable substrat de conteneurisation intégré à l’OS.

🦋 L’actualité de l’open source en français dans votre flux. Suivez Goodtech sur Bluesky (ou vos applications AT Protocol comme W Social et Mu) grâce à notre compte officiel. Suivez, partagez, abonnez-vous à @goodtech.info !

Retour en haut