On nous a déjà fait le coup. À maintes reprises, Mozilla a promis le « grand retour » de Firefox face à l’hégémonie de Chrome. Mais cette fois, le vent semble tourner. Après une hausse spectaculaire de 13 % des téléchargements sur mobile l’an dernier et une stabilisation sur ordinateur, l’heure n’est plus aux promesses, mais à l’offensive.
Pour porter cette ambition, Mozilla Corporation vient de nommer Anthony Enzor-DeMeo au poste de président-directeur général. Cet ancien responsable de Firefox prend la suite de Laura Chambers, qui assurait l’intérim depuis le départ de Mitchell Baker début 2024.
Mise à jour : lisez cet article sur la polémique déclenchée par l’annonce
🤯 Firefox face à la fronde : pourquoi son nouveau patron persiste malgré la haine des fans ?
Le navigateur, « prochain champ de bataille de l’IA »
Dans son premier message officiel, le nouveau patron ne mâche pas ses mots : Firefox doit devenir un acteur majeur de l’intelligence artificielle pour survivre. Mais attention, pas n’importe quelle IA.
« Le navigateur est le prochain champ de bataille de l’IA », martèle Enzor-DeMeo. Pour lui, l’enjeu est de proposer des outils modernes et utiles sans sacrifier la vie privée des utilisateurs, qui se sentent aujourd’hui « sur-suivis et sous-informés » par les géants de la tech. Firefox mise déjà sur des fonctions comme AI Window ou Shake to Summarize sur iOS, déjà saluées parmi les meilleures inventions de 2025 par le magazine TIME.
L’urgence absolue : divorcer de Google
Le défi est immense, car Mozilla est dans une position paradoxale. L’entreprise dépend de Google pour 80 à 90 % de ses revenus, grâce à l’accord qui place le moteur de recherche par défaut dans Firefox. Or, cet accord est aujourd’hui dans le viseur de la justice antitrust américaine, menaçant directement la survie du navigateur au renard de feu.
La stratégie d’Enzor-DeMeo est claire : diversifier les revenus pour ne plus être à la merci de son concurrent. « Je crois que nous devons nous éloigner de Google », a-t-il déclaré, évoquant de nouveaux services d’abonnement, de la publicité éthique et des accords liés à l’IA.
Pour réussir ce pari, le nouveau PDG s’entoure d’une équipe de haut vol, notamment John Solomon (ex-Apple et Beats) au marketing, pour redonner à Firefox son image de rebelle de la tech. Le message est lancé : Firefox ne veut plus être le navigateur par défaut de votre nostalgie, mais l’outil indispensable de votre futur numérique.
