Nextcloud Talk « Munich » : l’alternative européenne à Teams se renforce

L’Europe se cherche une alternative souveraine à Microsoft Teams. Lors d’un rassemblement à Munich, l’éditeur allemand Nextcloud a officialisé ce 5 juin la sortie de la nouvelle version de sa plateforme de communication open source. Nom de code : Talk « Munich ». L’objectif est clair : offrir aux organisations publiques et privées une solution collaborative moderne, hébergeable en interne et affranchie des géants américains ou chinois.

Alors que la conjoncture internationale souligne la fragilité des partenariats numériques transatlantiques, l’éditeur Nextcloud met en avant la résilience de son modèle avec cette nouvelle version de Nextcloud Talk. Hébergeable sur le cloud privé d’une organisation, totalement open source, Nextcloud Talk permet d’éviter toute dépendance aux décisions unilatérales de prestataires étrangers. Selon son PDG Frank Karlitschek, cette autonomie numérique est devenue une nécessité stratégique : « Les entreprises et les gouvernements doivent se protéger des réactions politiques mondiales imprévisibles. »

Des nouveautés pour faciliter la migration

La version baptisée « Munich » (en hommage à la ville qui accueillait le rassemblement cette semaine) met l’accent sur l’ergonomie et l’interopérabilité, dans l’optique de faciliter la transition depuis des outils familiers comme Microsoft Teams. Un nouveau tableau de bord permet aux utilisateurs de visualiser en un coup d’œil leurs rendez-vous à venir, leurs rappels et les messages importants. Les informations de contact sont mieux intégrées, et les options de réunion enrichies.

Autre avancée majeure : l’introduction de Nextcloud Talk Phone, une solution de téléphonie professionnelle intégrée. Elle permet notamment le routage automatique des appels et l’intégration avec différents fournisseurs VoIP. De quoi satisfaire les entreprises qui souhaitent un système unifié de communication.

Parmi les autres améliorations notables : la possibilité d’inviter facilement d’autres participants en cours d’appel, le partage d’images facilité sur mobile, ou encore la synchronisation du statut d’activité avec l’OS sur le client de bureau. Les appels vidéo offrent aussi de nouvelles options de sélection d’équipement, et les salles de réunion temporaires peuvent être automatiquement nettoyées.

Une plateforme unique pour la souveraineté numérique

Là où Nextcloud Talk se distingue de ses concurrents, c’est dans sa capacité à fonctionner de manière totalement autonome. L’ensemble de la plateforme, y compris les fonctions d’intelligence artificielle, peut être hébergé dans un environnement isolé, sur les serveurs de l’organisation. L’approche open source garantit une interopérabilité totale et l’absence de verrouillage propriétaire.

Cette souveraineté numérique n’est pas qu’un idéal théorique : elle est déjà mise en œuvre. Comme le souligne Florian Zinnagl, responsable de la sécurité informatique au ministère autrichien de l’Économie, « si vous prenez la souveraineté numérique vraiment au sérieux, vous pouvez la concrétiser dès aujourd’hui avec des solutions européennes. »

Une demande en forte croissance

On peut mesurer l’engouement depuis plusieurs mois, notamment depuis la mise en place de la nouvelle administration américaine. Ainsi, depuis le début de l’année, la demande pour Nextcloud a triplé. Le phénomène dépasse l’Europe : des organisations au Canada, en Amérique latine ou aux États-Unis demandent à migrer depuis Microsoft 365 ou Google Workspace. Une tendance qui témoigne d’un désir croissant d’autonomie technologique, de maîtrise des données, et de confiance dans les solutions transparentes… et open source, un chemin également emprunté en France avec le lancement de Twake Workplace.

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