C’était une promesse formulée depuis de nombreuses années, NordVPN ouvre enfin totalement son application Linux. Son interface graphique (GUI), lancée au printemps, est désormais disponible en open source sous licence GPL-3.0 sur GitHub, rejoignant la version en ligne de commande déjà publiée depuis 2023. Une avancée majeure pour les utilisateurs Linux, longtemps cantonnés à un client minimaliste face aux versions Windows et macOS.
L’ouverture de l’application Linux vient parachever une stratégie entamée il y a deux ans : auditer son code, ouvrir ses clients et publier des rapports de sécurité indépendants. « Linux est construit sur l’ouverture et la collaboration communautaire, et nous voulons être à la hauteur de ces principes », résume Marijus Briedis, directeur technique de NordVPN.
Une application Linux plus libre
Le code de l’application, développée en Dart, peut être consulté, compilé et modifié librement. NordVPN précise que seules les couches clientes (GUI et CLI) sont ouvertes : l’infrastructure du VPN, son système d’authentification et ses serveurs demeurent propriétaires afin de préserver la sécurité. Mais pour la communauté Linux, ce geste marque une victoire symbolique : plus de transparence, plus de confiance et un pas concret vers un modèle réellement vérifiable.
L’application est désormais disponible via un package Snap officiel, installable en une commande :
sudo snap install nordvpn
Ce choix facilite la mise à jour automatique sur toutes les distributions prenant en charge Snap, sans remplacer pour autant les formats DEB et RPM déjà proposés.
NordVPN explique que cette ouverture répond à une adoption fulgurante : en 100 jours seulement, le nombre d’utilisateurs Linux actifs quotidiens a bondi de 70 %. Un succès qui confirme l’appétit des utilisateurs pour des outils sécurisés, mais aussi ergonomiques. L’interface graphique permet désormais d’accéder facilement à la majorité des fonctions de la CLI — gestion des serveurs, protocoles, modes clair/sombre — sans passer par le terminal. L’entreprise assure aussi que le code open source fera l’objet d’audits publics et automatisés pour maintenir un haut niveau de sécurité, et invite les contributions de la communauté via issues et pull requests.
Le retour inattendu de Meshnet
Dans le même esprit d’écoute et d’ouverture, NordVPN a également fait marche arrière sur la suppression de Meshnet, son outil de réseau privé pair à pair. Prévue pour disparaître en décembre 2025 faute d’usage significatif (à peine 1 % des abonnés), la fonctionnalité a été sauvée après un tollé.
« Beaucoup d’entre vous nous ont fait part de l’importance de Meshnet, que ce soit pour des projets personnels, du partage sécurisé ou du jeu en réseau », a reconnu l’entreprise dans un billet publié début octobre. Résultat : non seulement Meshnet reste actif, mais NordVPN prévoit de le rendre open source à son tour, sans calendrier précis pour l’instant. Meshnet permet de connecter jusqu’à 60 appareils en réseau privé chiffré, sans serveur central. L’outil, populaire chez les utilisateurs Linux pour ses usages collaboratifs et ses performances, pourrait à terme évoluer en un projet communautaire indépendant, fidèle à l’esprit originel de NordVPN.