Photographie aérienne d'un immense complexe de datacenters en cours de construction dans une zone aride. Les bâtiments massifs ont des toits de couleur terre cuite et sont entourés d'infrastructures électriques et de zones de chantier. Il s'agit du site Oracle d'Abilene au Texas.

OpenAI publie MRC : un protocole réseau « standard ouvert » pour les supercalculateurs IA

Dans la course effrénée vers l’AGI, il faut s’assurer que les données circulent sans encombre entre des dizaines de milliers de GPU. OpenAI s’attaque à la problématique en publiant le protocole MRC (Multipath Reliable Connection).

Développé en étroite collaboration avec les géants (tous américains !) du secteur (Microsoft, AMD, Broadcom, Intel et NVIDIA), ce protocole est désormais une spécification ouverte gérée par l’Open Compute Project (OCP). L’objectif ? Éviter la fragmentation du marché et s’attaquer aux goulots d’étranglement hérités des réseaux traditionnels.

Le « Packet Spraying » : la fin de la congestion

Le protocole MRC repose sur une technique  appelée « packet spraying ». Au lieu d’envoyer des flux de données massifs sur un seul chemin (au risque de le saturer), le MRC disperse les paquets sur des centaines de routes réseau simultanément.

Animation stylisée montrant un flux de données (faisceau rouge) se divisant en de multiples faisceaux rouges et verts à travers une grille de commutateurs sphériques et transparents, atteignant finalement une grille de nœuds de calcul cubiques bleus. C'est l'illustration du concept de "packet spraying" du protocole MRC d'OpenAI.
Dispersion de paquets sur de multiples chemins. Animation par Mark Handley.

Cette approche offre deux avantages majeurs. D’un côté, le réseau est « plus plat », les données circulent plus vite et la congestion est quasi éliminée. De l’autre, si un lien matériel tombe en panne, le MRC détecte l’erreur et redirige le trafic en quelques microsecondes. L’entraînement des modèles, comme celui de GPT-5.5, peut ainsi se poursuivre sans interruption coûteuse.

Une efficacité énergétique pensée pour l’échelle « Stargate »

Le MRC ne travaille pas seul. Il fonctionne de concert avec le SRv6 (IPv6 Segment Routing), qui permet de définir des chemins de données précis à travers le réseau. En retirant aux commutateurs la charge de prendre des décisions de routage complexes, la consommation d’énergie globale de l’infrastructure est réduite.

« Nous voulons utiliser autant de puissance de calcul que possible, mais nous voulons aussi nous assurer que nous l’utilisons de manière efficace et efficiente. »

Greg Steinbrecher, responsable des charges de travail chez OpenAI.

Le protocole est déjà à l’œuvre sur des sites critiques, notamment sur le campus Oracle d’Abilene au Texas et sur les supercalculateurs Fairwater de Microsoft. En ouvrant cette technologie, OpenAI cherche à standardiser les infrastructures Ethernet pour l’IA, réduisant ainsi la dépendance aux piles réseau propriétaires et fermées.

Retour en haut