Opera prolonge le support des extensions MV2, contrairement à Chrome

Tout comme ceux de Brave, les utilisateurs du navigateur Opera peuvent souffler : leurs extensions préférées ne seront pas désactivées du jour au lendemain. Dans un billet publié le 10 septembre 2025, l’éditeur du navigateur norvégien a confirmé qu’il maintenait la compatibilité avec les extensions basées sur Manifest V2 (MV2), en dépit de la transition imposée par Google vers Manifest V3 (MV3).

« Nous continuerons à supporter les extensions MV2 aussi longtemps que cela restera techniquement possible », précise Opera dans sa communication officielle. Une annonce qui rappelle celle de Brave, en juillet 2024, lequel avait déjà assuré à ses utilisateurs que ses bloqueurs de publicité ne seraient pas affectés par cette évolution controversée.

Manifest V2 et V3 désignent les spécifications techniques qui régissent le fonctionnement des extensions au sein du moteur open source Chromium, la base sur laquelle reposent Chrome, Edge, Brave ou encore Opera. Avec MV3, Google introduit une nouvelle architecture censée améliorer la sécurité et les performances, mais au prix d’une réduction drastique de la puissance des bloqueurs de publicité. Plusieurs extensions emblématiques, comme uBlock Origin ou Privacy Badger, ont ainsi vu leur efficacité limitée, voire compromise, sur Chrome.

Face à ce changement jugé trop restrictif, Opera se positionne à son tour comme un navigateur plus respectueux des usages existants, sous Linux, macOS et Windows. Le navigateur continuera de prendre en charge les extensions MV2 déjà installées « aussi longtemps que possible », quel que soit l’OS, tout en bloquant le dépôt de nouvelles extensions MV2 sur son store. À terme, la boutique officielle deviendra exclusivement compatible avec MV3, mais les utilisateurs pourront continuer à exécuter localement leurs anciens modules, notamment les bloqueurs de publicité qui ne disposent pas encore d’une alternative efficace.

Cette tolérance technique s’accompagne toutefois d’une mise en garde : les extensions MV2 obsolètes risquent de devenir instables ou vulnérables au fil du temps. Opera invite donc les utilisateurs à vérifier la fiabilité et la date de mise à jour de leurs modules, ainsi que les permissions qu’ils demandent dans le navigateur. Parallèlement, l’entreprise met en avant ses fonctionnalités natives – Ad Blocker, VPN, traduction automatique ou encore les « AI Prompts » introduits dans Opera One – qui ne dépendent pas du système d’extensions Chromium. Ces outils intégrés continueront à fonctionner quelle que soit l’évolution du moteur, offrant ainsi une expérience plus stable et sécurisée.

Comme Brave, Opera repose sur Chromium, mais conserve une certaine liberté vis-à-vis de Google. Ce choix lui permet de maintenir la compatibilité avec les anciens modules tout en intégrant progressivement les nouveautés de MV3. En agissant ainsi, Opera illustre le pluralisme de l’écosystème Chromium : tous les navigateurs n’ont pas vocation à suivre à la lettre la feuille de route fixée par Mountain View.

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