Opera revient en force avec Opera Neon, un tout nouveau navigateur pensé pour l’ère des « agents intelligents ». Présenté comme un « navigateur agentique », il promet de transformer la manière dont les utilisateurs interagissent avec le web grâce à l’intelligence artificielle embarquée. Mais Opera n’est pas seul sur ce créneau : Perplexity prépare également Comet, un navigateur IA à venir, et Google Chrome intègre de plus en plus de fonctions assistées par l’IA.
Opera avait déjà tenté une approche expérimentale en 2016 avec un navigateur du même nom. Le nom Neon fait donc ici son retour, mais avec une toute autre ambition : celle de devenir l’interface principale du web agentique. Ainsi, Opera Neon, annoncé la semaine dernière, s’inscrit dans une dynamique plus large baptisée Web 4o, une nouvelle génération du web pensée pour les humains et les agents IA. La promesse : un navigateur qui ne se contente plus d’afficher des pages, mais qui agit à la place de l’utilisateur, ou avec lui. Il peut remplir des formulaires, planifier des voyages, faire du shopping ou même concevoir des applications web.

De quoi parle-t-on ?
La notion de « web agentique » fait référence à l’utilisation d’agents intelligents (IA) pour accomplir des tâches sur le web. Dans le cas d’un navigateur pour le web agentique, une formulation plus heureuse en français pourrait être « navigateur piloté par l’IA », « navigateur web à agents intelligents » ou encore « navigateur automatisé par l’IA ». Pour l’heure, aucune traduction officielle n’est proposée, mais le concept est relativement neuf.
Toujours Chromium à bord
Même si le nouvel Opera repose bien sur Chromium, moteur open source de Chrome, l’entreprise n’a pas encore annoncé la mise en open source de son navigateur, mais c’est peu probable. De plus, s’agra d’un produit payant par abonnement, dont le prix n’a pas encore été communiqué. Le navigateur est prévu pour Windows, macOS et (visiblement) Linux, et une liste d’attente est déjà ouverte sur operaneon.com.
Chat, Do, Make
Opera met en avant trois fonctions phares : « Chat », « Do », et « Make ». L’utilisateur peut discuter avec un agent intégré, lui demander d’interagir avec les pages web ou lui confier des projets créatifs (rédaction de rapports, création de maquettes de sites, prototypage d’outils, etc.). Une partie de ces tâches pourra être exécutée sur un ordinateur cloud européen, même si l’utilisateur est hors ligne.

Un pari sur l’agentivité, mais pas sans concurrence
L’approche d’Opera repose sur une interprétation locale des pages web via le DOM, sans enregistrement vidéo ni manipulation à distance, ce qui permet une exécution rapide et (en principe) plus respectueuse de la vie privée. Opera met d’ailleurs en avant un aspect important : le traitement des données se fera sur ses serveurs européens (l’éditeur est présent en Suède et en Pologne). Si Opera semble vouloir jouer la carte de la confidentialité et de l’utilité concrète, la concurrence s’organise : Perplexity AI prépare son propre navigateur, Comet, et l’IA générative est déjà omniprésente dans les navigateurs de Google ou Microsoft.

