Capture d'écran de l'application Paint.NET v5.2 exécutée sur un bureau Linux Ubuntu via WINE

12 ans de galère résolus en 3 semaines par une IA : Paint.NET fait ses premiers pas sur Linux

Une IA fait sauter un verrou Linux vieux de 12 ans ! En seulement 3 semaines de reverse engineering, Claude a permis au créateur de Paint.NET de faire tourner son mythique éditeur sous WINE/Linux. Explications sur cette prouesse inédite (mais encore vachement expérimentale à ce stade).

Les utilisateurs du système au manchot réclamaient une mouture native depuis plus de deux décennies. Problème : la dépendance historique de l’application aux API graphiques propriétaires de Microsoft semblait former un mur infranchissable. C’est pourtant le coup de théâtre de cette rentrée : Rick Brewster, le créateur du mythique éditeur graphique Paint.NET, vient d’officialiser la sortie de la version Paint.NET 5.2 Alpha (build 9739). Pour la toute première fois de son histoire, le logiciel intègre une prise en charge « extrêmement expérimentale » pour fonctionner sous Linux via WINE. Et cette avancée spectaculaire est le fruit direct d’une intelligence artificielle.

Trois semaines pour corriger 12 ans de blocage Direct2D

Comme l’a révélé Rick Brewster dans un fil explicatif sur X, le portage de Paint.NET sous WINE butait depuis 2014 sur un obstacle technique majeur : le moteur de rendu Direct2D de Microsoft, dont le système d’effets complexe était mal géré par la couche de compatibilité Linux. Plutôt que de passer encore des années à attendre un correctif amont, le développeur a eu une idée audacieuse : confier la réécriture des composants graphiques à l’IA Claude d’Anthropic.

En effectuant un travail de reverse engineering propre (clean room reverse engineering) sur la bibliothèque d2d1.dll pendant trois semaines consécutives sans s’arrêter, le modèle d’IA a réussi à concevoir une implémentation interne de Direct2D directement au cœur de Paint.NET. Le créateur du logiciel résume la situation avec un brin d’ironie : « Claude a fait plus de progrès sur ce sujet en trois semaines que ce qu’on a vu au cours des douze dernières années ».

💡 Envie d’une alternative 100 % libre et native ?

En attendant que cette version expérimentale de Paint.NET gagne en maturité sous Linux, l’écosystème open source dispose déjà d’un équivalent remarquable conçu à l’origine pour s’en inspirer. Retrouvez notre présentation complète : Pinta : l’application open source qui réinvente l’édition d’images sur Linux.

Comment tester cette version alpha

Pour les passionnés désireux de tester cette première ébauche, la procédure demande de respecter des étapes précises synthétisées sur le forum officiel de Paint.NET :

  • Version portable obligatoire : télécharger la version archive ZIP portable sur les releases GitHub du projet (l’installateur classique ne fonctionne pas sous WINE).
  • Dépendances système : exécuter au minimum WINE 11.14, installer la couche graphique DXVK et ajouter une clé de registre pour empêcher WINE de remplacer la DLL d3dcompiler_47.
  • Lancement : démarrer l’application en ligne de commande en ajoutant l’argument /wine.
Fenêtre des paramètres d'installation de Paint.NET montrant la case à cocher des versions bêta
L’activation des mises à jour pré-release dans les options de Paint.NET permet d’accéder aux builds alpha.

Outre cette compatibilité Linux naissante, cette build 9739 migre l’application vers le framework .NET 11 Preview (qui corrige un bogue d’entrée WinForms), introduit de nouveaux modes de mosaïque pour l’effet Mosaïque et optimise le processus d’installation. Même si Rick Brewster prévient que cette mouture reste lente, instable et sujette aux plantages, elle prouve que l’IA peut débloquer des chantiers de compatibilité open source jugés impossibles jusqu’alors.

🦋 L’actualité de l’open source en français dans votre flux. Suivez Goodtech sur Bluesky (ou vos applications AT Protocol comme W Social et Mu) grâce à notre compte officiel. Suivez, partagez, abonnez-vous à @goodtech.info !

Retour en haut