Logo croisé de Qualcomm et Modular sur fond bleu sombre

C’est un sacré pari face à NVIDIA : Qualcomm rachète Modular et rend open source le code de Mojo

Un rachat à plusieurs milliards n’enterre pas toujours le logiciel libre ! Qualcomm finalise l’acquisition de Modular et publie instantanément l’intégralité du compilateur Mojo sous licence Apache 2.0. L’objectif : faire tomber la forteresse CUDA de NVIDIA.

À l’occasion de la conférence ModCon 2026 organisée à San Francisco, le géant des puces annonce la finalisation du rachat de Modular pour près de 3,6 milliards d’euros (3,9 milliards de dollars). Loin de verrouiller sa nouvelle acquisition, l’entreprise choisit de publier l’intégralité de la plateforme d’IA ainsi que le compilateur Mojo en open source.

Pourquoi tout le monde parle de Mojo, le langage qui veut détrôner Python dans l’IA ?

Plateforme unifiée contre le monopole CUDA

Cette stratégie d’ouverture vise une cible bien précise : l’hégémonie de NVIDIA et de son écosystème logiciel propriétaire CUDA. Désormais distribué sous licence Apache 2.0 avec des exceptions LLVM, le cadriciel Modular permet d’exécuter des inférences d’intelligence artificielle sur une multitude de matériels de façon transparente. L’architecture annoncée lors de la ModCon prend nativement en charge les processeurs Qualcomm Snapdragon, les accélérateurs AWS Trainium et Google TPU, ainsi que les puces Apple, sans nécessiter de réécriture complexe pour les développeurs.

Ce positionnement ouvert rassemble des alliés inattendus au sein de l’industrie. Lors de l’événement californien, AMD est monté sur scène pour afficher son soutien public au projet. Bien que concurrent direct sur la vente de processeurs, le fondeur voit dans cette initiative une opportunité de valoriser son propre matériel, la plateforme Modular assurant déjà la prise en charge de l’architecture AMD Ryzen AI Halo et des GPU de la marque à grande échelle.

L’écosystème MAX s’ouvre et Mojo débarque sur Windows

Cette offensive matérielle intervient quelques jours seulement après le passage en version 1.0 du langage Mojo. Créé par Chris Lattner, l’architecte derrière LLVM et Swift, ce langage pensé pour surclasser Python dans le traitement des données massives tient enfin ses promesses communautaires avec la libération totale de son compilateur et de son outillage. L’environnement Mojo, initialement cantonné aux systèmes Linux et macOS, bénéficiera par ailleurs très bientôt d’un support natif sous Windows grâce à un partenariat direct avec les équipes d’ingénierie de Microsoft.

Le modèle de licence du moteur d’exécution MAX évolue également dans la bonne direction. Qualcomm supprime définitivement les restrictions d’usage liées aux appareils et promet de rendre le code source disponible via un programme d’alliance ouverte. Comme le résume Dave Munichiello, associé chez GV, cette pile logicielle démontre que la couche applicative de l’IA a désormais les moyens techniques de faire tourner n’importe quel modèle sur n’importe quel processeur, redessinant les rapports de force d’une industrie jusqu’ici cadenassée.

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