Le Royaume-Uni peaufine un cadre ambitieux pour généraliser l’open source dans le secteur public. Objectif : encourager la publication, l’usage, la réutilisation et le soutien des logiciels ouverts à grande échelle, tout en assurant la sécurité et la conformité. Dans cette dynamique, UK Research and Innovation s’est associé à OpenUK pour élaborer un guide national de gouvernance et de bonnes pratiques.
Le guide, présenté il y a quelques jours à peine, est destiné aux administrations (publication, gestion, réutilisation, sélection de solutions) — un travail présenté par OpenUK comme un jalon pour un “open source durable” dans les services publics.
Côté politique publique, le gouvernement britannique dispose déjà de briques structurantes : le DDaT Playbook et les standards GDS promeuvent, par défaut, des logiciels ouverts et des standards ouverts, avec publication du code quand le contexte le permet. Des ministères comme le DWP cadrent la publication de code open source (inventaires, suivi sécurité, conformité licences) via des politiques dédiées.
Ce qui se dessine désormais va plus loin qu’un simple rappel de doctrine : il s’agit d’un guide opérationnel (UKRI/OpenUK) pour normaliser la manière de publier et de maintenir les logiciels publics, d’évaluer les licences et d’organiser la contribution. Autre aspect : l’alignement avec l’ouverture par défaut (publication sur GitHub quand c’est possible, standards ouverts, inventaires de dépôts, supervision sécurité). Enfin, un accent est mis sur la réutilisation et la mutualisation inter-administrations, afin de réduire les coûts et d’accélérer les projets numériques.
À terme, l’impact attendu est double : autonomie technologique accrue (moins de dépendances propriétaires, meilleure maîtrise des coûts) et qualité de service (code auditable, corrections plus rapides, innovations partagées). Reste un point clé soulevé par OpenUK : la soutenabilité. L’adoption massive ne suffit pas ; il faut financer l’entretien des briques critiques, professionnaliser la gouvernance (curation, documentation, sécurité), et former les équipes achats pour reconnaître et exiger de “vrais” livrables open source (code + doc + communauté), au-delà du simple dépôt public.


