C’est l’un des grands paradoxes de notre époque : l’outil qui nous sert à créer est également celui qui fait tout pour capter notre attention. Difficile de rédiger un roman, un script ou un article de blog lorsque YouTube, les réseaux sociaux et les notifications d’e-mails monopolisent notre attention. Face à cette surcharge cognitive, une tendance radicale est en train d’envahir le web, grâce à Linux et à l’open source : le mouvement des WriterDecks.
Plutôt que d’investir des centaines d’euros dans des machines à écrire numériques dédiées et très coûteuses, la célèbre blogueuse Linux Veronica Explains vient de jeter un pavé dans la mare en montrant comment recycler un vieux PC portable System76 de six ans d’âge en un outil d’écriture hors ligne ultra-performant. La recette ? Désactiver purement et simplement l’interface graphique pour ne laisser que le code brut. Depuis, un mouvement s’enclenche et c’est absolument fascinant.
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C’est quoi un « WriterDeck » et pourquoi les créatifs en sont fous ?
Pour comprendre l’engouement autour de ces machines d’un nouveau genre répertoriées sur le site de référence WriterDeck.org, il faut remonter aux origines du phénomène des cyberdecks (Ndlr : ces ordinateurs bidouillés maison au look rétro-futuriste très ancrés dans la culture cyberpunk). Un WriterDeck est tout simplement un appareil entièrement et exclusivement dédié à la saisie de texte.
L’objectif est de concevoir un sanctuaire numérique. Si votre machine de travail est également votre machine de divertissement, votre cerveau choisira toujours la facilité. En éliminant la possibilité technique de vous distraire, vous n’avez plus d’autre choix que d’écrire.
La méthode forte : tuer l’interface graphique sous Debian Linux
Pour réaliser cette métamorphose à moindre coût sur un vieux PC qui traîne dans vos tiroirs, la méthode présentée par la développeuse s’appuie sur la distribution Debian Linux, configurée sans aucun serveur d’affichage (pas de X11, pas de Wayland). Sans interface graphique, il devient techniquement impossible de lancer un navigateur web comme Firefox ou Chrome. L’environnement se résume à une invite de commande textuelle (TTY) épurée et instantanée.
Le cœur de cette configuration d’écriture « low-tech » repose sur une poignée d’outils open source légers et redoutables :
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kmscon : un émulateur de console basé sur le framework DRM du noyau, indispensable pour afficher des polices de caractères lisses, nettes et parfaitement scalables à l’écran, loin du crénelage baveux des vieux terminaux DOS.
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tmux : un multiplexeur de terminaux permettant de scinder l’écran en plusieurs zones (pour afficher ses notes d’un côté et son texte de l’autre) et de gérer des barres de statut élégantes.
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neovim et vimwiki : un éditeur de texte en ligne de commande ultra-rapide associé à un système de gestion de notes personnelles pour lier ses fichiers texte entre eux.
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Syncthing : un utilitaire de synchronisation de fichiers en peer-to-peer qui sauvegarde automatiquement le travail sur un autre ordinateur ou un serveur privé dès que le PC est connecté à un réseau, sans jamais passer par un cloud commercial.
La machine à écrire libre de 2026
Si vous souhaitez sauter le pas, vous pouvez vous inspirer des dizaines de créations partagées sur la liste des projets DIY de WriterDecks. Pour les plus curieux/curieuses ou ceux qui ont besoin d’aide pour configurer leur premier terminal d’écriture, l’entraide s’organise activement au sein de la communauté Reddit r/writerDeck, où s’échangent quotidiennement astuces logicielles et plans d’impression 3D pour donner une seconde vie à nos vieilles machines.
